APPEL DE TOULOUSE POUR LE DROIT A L'EDUCATION EN PALESTINE

Publié le par SUD étudiant



    Malgré le silence des grands médias et de nos institutions nationales et
européennes, la situation dans les territoires palestiniens sous occupation
est chaque jour plus grave, c'est une catastrophe humanitaire. L'offensive
militaire israélienne " Pluie d'été " a frappé et continue de frapper une
société déjà durement affectée par le blocus économique mis en place suite
aux élections de mars qui ont porté le Hamas au pouvoir. Ce blocus opère
toujours : l'union européenne et les USA ont gelé leurs subventions ; Israël
retient le produit des taxes sur les marchandises ; sous la pression des
USA, les banques arabes à l'étranger ne remettent plus de fonds à l'autorité
palestinienne. A Gaza, une des régions les plus peuplées du monde, le siège
israélien est tel que la population est au bord de la famine. Les rares
moyens que les habitants avaient de gagner leur vie ont disparu. Dans un
rapport récent, la Banque mondiale affirme que la Cisjordanie et la bande de
Gaza seront confrontées à une année de récession économique sans
précédent.En 2006, les revenus réels diminueront d'au moins un tiers et la
pauvreté affectera près des deux tiers de la population. A ce blocus
économique s'ajoutent les destructions d'infrastructures civiles, y compris
écoles et universités, les bombardements quotidiens et les incursions de
l'armée israélienne qui visent à terroriser la population civile. Cette
tragédie est occultée par les médias occidentaux qui focalisent l'attention
de la population mondiale sur les guerres du Liban et d'Irak.
    Cette situation a des conséquences désastreuses sur le droit à
l'éducation. Début septembre, la rentrée scolaire a été marquée par une
grève des professeurs qui réclament leurs salaires impayés depuis plus de 7
mois. En ce qui concerne l'enseignement supérieur, ce secteur a été
dramatiquement touché par l'occupation militaire, les couvre-feux, la
construction du mur, la fragmentation de Jérusalem et les destructions
d'infrastructures auxquelles s'ajoutent maintenant les obstacles aux
communications via Internet. A l'isolement des établissements universitaires
au sein des territoires sous occupation, s'ajoute l'isolement international,
les enseignants palestiniens peuvent de moins en moins sortir. Le nombre de
projets internationaux se réduit fortement ainsi que les financements. Avant
le boycott de l'Autorité palestinienne par les instances internationales,
cette dernière attribuait une dotation permettant 3 mois de fonctionnement
par université. En 2006 les universités n'ont obtenu aucune dotation. Cette
situation va peser sur les années à venir, la formation d'enseignants et de
médecins va être compromise. Elle va peser aussi sur la vie démocratique du
pays car les universités sont des lieux d'apprentissage de la démocratie.
    Ce qui se déroule en ce moment n'est pas une guerre, c'est
l'anéantissement d'une population civile exposée sans défense à la cinquième
armée du monde. Dans ce contexte, nous, universitaires du CICUP (Collectif
Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes),
appelons nos collègues à rompre le mur du silence :
   - en développant l'information sur la situation du droit à l'éducation en
Palestine occupée dans leurs établissements
    - en développant les actions de solidarité et de coopération avec la
communauté éducative palestinienne (coopérations, jumelages, invitations de
collègues,..)
    - en interpellant les élus pour faire cesser cette situation
scandaleuse.
   Les Palestiniens contraints par la communauté internationale à renoncer à
une partie de leur territoire au profit de l'État d'Israël, devraient, en
vertu des conventions de Genève et de la Déclaration Universelle des Droits
de l'Homme, bénéficier de l'appui de celle-ci quant au respect des droits
reconnus à tous les êtres humains. Le respect des droits nationaux du peuple
palestinien doit conduire à l'application de toutes les résolutions des
Nations unies.
    Les crimes commis par l'armée israélienne doivent être punis.

    Avec le soutien du Collectif Palestine 31 : Association des Palestiniens
31, AFPS, CCFD, CCIPPP, GUPS, LDH, Mouvement de la Paix (Comité
départemental 31), MRAP, Terre et Horizon, FSU, Solidaires, UD-CGT, LCR,
Motivé-e-s, PCF, Les Verts ; ainsi que l'APJ (Association des américains
pour la paix et la justice) et le CVPR-PO (Comité de Vigilance pour une Paix
Réelle au Proche-Orient).




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Publié dans Nanterre

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