Appel à contributions relatif au mouvement de printemps 2006 (Etres
Le Collectif des Etres Organisés de l’EHESS, né de la récente
mobilisation, propose de revenir sur les événements du printemps
dans le cadre d’un forum de débats. Nous souhaitons rassembler et
confronter des analyses concernant ce mouvement lors d’une rencontre
début novembre 2006 prolongeant les réflexions qui ont débuté dans
les universités, les associations et les structures militantes. Il
s’agit de formuler une réponse pour penser l’action, en
approfondir les enjeux et faire exister à l’université une autre
forme de production de réflexion sur le politique et le social.
L’objectif est d’établir une description précise des faits,
d’en construire un récit cohérent, de développer des
interprétations et d’élargir les perspectives intellectuelles,
politiques, sociales et économiques.
Nous faisons appel à des contributions de chercheurs, d’étudiants
et de militants dont la pratique, l’engagement, l’observation et
la recherche, pendant le mouvement, enrichissent l’analyse. Ces
événements ont montré un profond décalage entre les grilles de
lecture établies et les réalités du mouvement. Ce forum de débats
est l’occasion de croiser les points de vue et les expériences des
acteurs, des agents, des témoins et des spectateurs.
Nous proposons certains axes –à titre indicatif mais nullement
restrictif- pour ces journées de débats :
q Caractériser un mouvement social : Peut-on parler d’un
mouvement étudiant, d’un mouvement de jeunesse ? Quelles relations
peut-on saisir avec le « mouvement des banlieues » ? Le mouvement du
printemps s’inscrit-il dans une continuité avec des mouvements
sociaux français (1968, 1995) ou dans une série des mouvements
alternatifs européens ou mondiaux ?
q Une lutte contre la précarisation : Ce mouvement vise-t-il une
politique du gouvernement ou une politique de gestion mondiale ?
Pourquoi le CPE a-t-il été retiré et pas le CNE ? Est-ce un appel
à repenser la flexibilisation des modes d’organisation du travail ?
En quoi la loi CESEDA participe-t-elle de cette politique de
précarisation des travailleurs ?
q Résonances des mouvements et engagements : Modes et lieux
d’engagement. Quels furent les types d’engagement à
l’intérieur des différentes facultés dans l’interaction entre
personnel enseignant et étudiants ? Quelles furent les frictions, les
ententes et les ouvertures de ce mouvement ? Dans quelle mesure les
centres d’action « locaux » influencent ou permettent une action
nationale ?
q Violences et répression : Les modes et les stratégies
d’actions et d’ interactions, les ajustements entre les
partenaires. Quelles sont les formes de violences et leurs limites ?
Quand est-ce que la violence « légitime » devient répressive ?
Comment intervient la figure du « casseur » dans les
représentations médiatiques ?
q Régulation du conflit et négociations : Dans quelle mesure
peut-on parler d’un mouvement « fini » et « réussi » ? Par
quelles politiques les institutions porte-parole maîtrisèrent-elles
le mouvement ? De quelles manières négocie-t-on dans le conflit et
à l’intérieur du mouvement ? Comment comprendre l’absence de
structure de médiation et de négociation ?
q Crise universitaire et intellectuelle : Des actions qui posent
la question de l’université comme lieu de débat. Quelle est la
réalité de la prise de conscience politique dans la jeunesse ? Que
révèle ce mouvement sur le malaise de la recherche, de la structure
universitaire et de la politique de l’éducation ? Comment
interpréter l’absence d’analyse par les chercheurs pendant le
mouvement ?
Veuillez adresser vos propositions d’intervention (500 mots) à
blaise.dufal@club-internet.fr ou babarakara@yahoo.fr jusqu’au 30
août 2006. N’hésitez pas à nous contacter pour des informations
et des suggestions.
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