Avec les salarié-e-s d'EDF et GDF-SUEZ ! La grève reconductible, enfin !

Publié le par SUD étudiant


La grève a démarré à GDF-Suez, dans la filiale regroupant les stockages souterrains de gaz, au lendemain du 19
mars. Après 3,5 jours de grève reconductible, les salariés de ces stockages ont obtenu des avancées
substantielles, révélatrices de la peur des directions de voir le mouvement s'étendre (5% d'augmentation pour les
agents en Exécution-Maîtrise, 1300€ de prime pour tous, et le renoncement des dirigeants de GDF-Suez à leurs
stock-options). Pour les militants de SUD Energie, très présents dans ce mouvement, la Direction avait très peur de l'extension et était prête à céder bien plus.

Cette victoire a donné des ailes aux autres salariés des IEG (Industries Electriques et Gazières). Le mouvement
s'est étendu d'abord aux terminaux méthaniers, puis au transport de gaz, également avec des avancées pour les
salariés. Ensuite, ce sont des salariés de GRDF et ERDF1 qui ont, eux aussi, entamé une grève reconductible.
Cette grève ne cesse de s'amplifier dans la distribution, et ils sont aujourd'hui rejoints par d'autres secteurs
d'EDF, en particulier au sein de la Production.

Les revendications sont les mêmes dans toute l'entreprise : les salariés des Industries Electriques et Gazières
réclament des augmentations de salaire (300 euros pour SUD, 5% pour la CGT), l'arrêt de l'externalisation et un
plan d'embauche massif.

Le rejet de la politique ultra-libérale en oeuvre dans l'entreprise
Ce mouvement est inédit depuis de très nombreuses années à EDF-GDF. Les jeunes salariés, confrontés à de
très petits salaires et à une absence de perspectives d'évolution, sont particulièrement mobilisés.
Et pour tous les salariés, il est temps de mettre un terme à la dégradation permanente de leur situation : des
salaires en baisse, des conditions de travail qui ne cessent de se détériorer, une perte de sens au travail avec la fin du service public remplacé par la course au profit, l'externalisation de secteurs d'activité toujours plus importants
faisant disparaître de nombreux métiers. Ajoutez à cela un management de plus en plus autoritaire et vous avez
une photographie précise de ce que vivent les salariés d'EDF et GDF-SUEZ aujourd'hui.

La situation, à GDF-Suez comme à EDF, est aussi caricaturale que dans bon nombre d'entreprises aujourd'hui
sur la sellette : en excellente santé financière malgré la crise (6.5 milliards d'euros de bénéfice net en 2008 pour
GDF-SUEZ, en hausse de 13%, 3,4milliards d'euros pour EDF), les dirigeants et actionnaires se versent
dividendes, stock-options et rémunérations indécentes.

-En 2008, 74% des résultats ont été reversés aux actionnaires de GDF-SUEZ sous forme de dividendes et
67% aux actionnaires d'EDF
-Au dernier classement des rémunérations des grands patrons connu à ce jour, celui de 2007, G. Mestrallet se
classe à la 2ème selon Challenge, avec 15,5 millions d'euros ... soit l'équivalent de 900 SMIC ! Quand à
Gadonneix il justifie ses augmentations de salaires de 46% en 2006, 30% en 2007 et 25% en 2008 au nom du
rattrapage nécessaire des grands patrons du CAC 40 !

C'est d'ailleurs l'annonce de versement de millions d'euros de stocks options aux patrons de GDF-SUEZ qui a
mis le feu aux poudres, l'injustice devenant insupportable pour toutes celles et ceux qui n'arrivent plus à boucler
les fins de mois et qui n'ont d'autres perspectives que de voir les métiers pour lesquels ils ont été embauchés
disparaître.

1 filiales de GDF et EDF en charge de la distribution regroupant l'essentiel des effectifs soit 60 000 salariés environ... Puisque depuis 1 an environ, nos entreprises sont découpées en de multiples filiales.

Généraliser la grève dans tous les établissements pour gagner

Après avoir tenté de jouer le pourrissement, les directions de la branche des Industrie Electriques et Gazières
sont maintenant dans l'obligation de négocier.
Aujourd'hui, on est loin du compte dans les propositions avancées par le patronat mais celles-ci confirment que
nos patrons peuvent payer en rognant par exemple sur les dividendes.
SUD Energie, qui a joué un rôle important dans le déclenchement de cette lutte, appelle à l'extension de la grève
reconductible dans l'ensemble des secteurs des IEG en particulier dans la production et le transport. Un appel
des fédérations dites représentatives faciliterait grandement l'extension du mouvement et développerait d'autant
les chances de succès complet de notre mouvement.

Et le service public dans tout cela :
il va mal, merci pour les usagers.
De nombreux services devenus payants, des agences de proximité de moins en moins nombreuses, des temps de réactivités (dépannages, mise en service, etc.) de plus en plus longs, des budgets de recherche qui fondent, des investissements en berne...

Sans compter la flambée des prix sur le marché, aujourd'hui encore relativement indolore puisque les tarifs
réglementés ont été maintenus grâce à la pression des usagers ... mais jusqu'à 2010 seulement !
Ce n'est pas le service public qui est au centre du fonctionnement de ces entreprises, mais la recherche des
grandes opérations de Monopoly à l'international et le niveau de l'action en bourse.
L'échec de la libéralisation et de la privatisation de nos entreprises est donc total, c'est le modèle d'entreprise
néo-libéral qui craque de partout.

300€ pour tous : une revendication utopique ?

Non, la simple application des recommandations de Sarko !
Le groupe EDF compte 150 000 salariés. Le coût d'une augmentation de 300€ pour tous à EDF serait donc de :
150 000 (salariés) x 300€ x 2 (pour les charges) x 13 (mois) = 1,17 milliards d'euros,
soit la moitié des dividendes reversés aux actionnaires d'EDF cette année.
Quand on pense que, si l'entreprise était restée publique, ces dividendes seraient nuls, il est bien difficile de
comprendre pourquoi les actionnaires ne pourraient pas se « contenter » de 1.13 milliards d'euros ! Et ça tombe
bien, 1.13 Mds€ correspondent juste à 1/3 des bénéfices, comme le préconisait notre « cher » Président Sarko
(actionnaire principal).

Et pour GDF-Suez, avec un effectif de 200 000 salariés, le même calcul réduirait les dividendes de 4.8 à 3.2
milliards d'euros, soit près de 50% des bénéfices. Pas de quoi pleurer, il restera même 1 milliard d'euros pour
embaucher ou développer le service public !
Donc, que personne ne vienne nous dire que nos revendications sont utopiques !
Alors pas de doute cette grève est totalement légitime,
nous appelons à la populariser
et la soutenir de toutes les façons possibles.
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