Solidaires des ouvriers du nettoyage: "Quand les éboueurs font grève, seuls les orduriers s'indignent" Prévert
Les ouvriers du nettoyage ferroviaire des gares d'Haussmann et Magenta
(entreprise CHALLANCIN) en grève à 100% (40 personnes) depuis le 17 février 2009.
Une gare propre, voilà ce que souhaitent les voyageurs qui vont prendre leur train (en plus des trains à l'heure bien sur), et les ouvriers du nettoyage d'Haussmann et Magenta travaillent 24h/24, 7 jours sur 7, 365 jours par ans pour donner satisfaction aux usagers du RER E.
La SNCF sous-traite le nettoyage de ses gares à des entreprises privées, qui ont bien souvent mauvaise réputation, comme c'est le cas avec l'entreprise CHALLANCIN.
Quelques faits vous permettront de juger si cette réputation est justifiée :
· Tout d'abord l'entreprise CHALLANCIN refuse une négociation salariale en 2008, pourtant rendue obligatoire par le code du travail.
· Quand les ouvriers signent une pétition pour la négociation 2009, la direction leur déclare qu'en tant qu'étrangers ils n'ont pas le droit de grève, étant donné qu'ils sont venus en France pour travailler puisqu'il n'y a pas de travail chez eux.
· L'entreprise, alors que les 2 gares sont en grève à 100% le 17 février 2009, « propose », le 18 février, moins de 1 € par mois net d'augmentation.
· Le 19 février, une équipe de casseurs de grève (50 personnes environ) venus en partie pour nettoyer la gare, en partie pour casser du gréviste, agresse un délégué SUD-Rail gréviste avec des bâtons, sous les yeux des cadres SNCF venus encadrer les « jaunes »
et qui n'interviennent surtout pas.
· La direction e fait plus aucune proposition mais envoie régulièrement des équipes de casseurs de grève (plus de 100 personnes) pour provoquer et décourager les grévistes, avec l'aval de la SNCF.
· Il faut attendre le 24 février, que les grévistes aillent interpeller la direction SNCF pour que la direction de CHALLANCIN reprenne les négociations à contrecoeur.
· Le 26 février, la direction de CHALLANCIN propose une augmentation de salaire de 8 € net par mois et une prime de 4 € net qui dépend de l'appréciation par la SNCF de la qualité du travail.
Les ouvriers en grève refusent cette proposition, voici leurs revendications :
· Une vrai négociation salariale, avec une proposition acceptée par l'ensemble des salariés en grève (les grévistes sont descendus de 240€ à 75€ net mensuels).
· Un changement de Convention Collective pour les personnes des toilettes, qui actuellement n'ont pas droit à une prime de fin d'année.
· 5 embauches des personnes actuellement en CDD sur les 2 sites et pour certaines depuis des années, ce qui compenserait une partie des suppressions de postes.
· Un passage en qualification pour les 6 ouvriers les moins qualifiés des sites (entre 3 et
6 € d'augmentation environ) Depuis le début du conflit, la SNCF, le donneur d'ordre, se désintéresse du sort des grévistes, se cachant derrière le fait que c'est une entreprise sous-traitante et se contentant de vouloir des gares propres. Mais elle cautionne les agissements des patrons voyous du nettoyage en encadrant les équipes de casseurs de grève et en fermant les yeux sur les agissements de ces entreprises qui ne s'embarrassent pas du code du travail et de la loi.
Nous voulons tous avoir des moyens de transport et des gares propres, mais aussi des hôpitaux, des écoles, des rues et des bureaux propres, mais nous ne pouvons accepter que ces personnes qui travaillent tous les jours pour la communauté soient des travailleurs pauvres, vivant dans la précarité avec des temps partiels imposés ou des horaires fractionnés.
Les ouvriers du nettoyage méritent le respect et un salaire décent !
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