La casse du service public d'éducation dans le texte
Un document de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques) remis en décembre 2008 par Eric Woerth, ministre du Budget, au Président de la République est édifiant pour rappeler les véritables finalités des mesures qui nous concernent en ce moment. Vous pouvez trouver ce document à cette adresse
Pour l'ensemble des ministères, ce document pointe les réussites de cette réforme de l'État "sans précédent" qui va "générer dès 2009 un gain de 30.600 'équivalents temps plein'".
Pour le Ministère de l'Education Nationale et celui de l'Education Supérieur, voici ce que le rapport présente comme buts à atteindre à très court terme:
"Dans le cadre de la réforme des lycées, les marges d'autonomie des établissements seront élargies pour leur permettre de moderniser leur fonctionnement et d'adapter leur offre éducative aux publics spécifiques qu'ils accueillent"
"Augmenter les activités qui génèrent des ressources complémentaires pour les universités (formation professionnelle continue et sessions d'été par exemple) en ouvrant les universités toute l'année civile"
"Sauf exception, la mobilité entre universités devra être généralisée en matière de premières nominations dans des fonctions d'enseignant-chercheur"
"Financement effectif des unités de recherche sur leurs performances, y compris pour le financement récurrent"
Bienvenue, donc, dans un monde où l'enseignant-chercheur, constamment évalué (sur des critères non- scientifique mais par rapport a un supposé rendement) dans ses activités de recherche (dont dépendra la survie financière même de son centre de recherche), sera invité à être présent sur son campus toute l'année (qui nous dit qu'avec la "modulation", cela restera une question de volontariat?), pourra être "prêté" à d'autres universités et formera des titulaires de Master recalés aux concours qui pourront être recrutés en CDD par des collèges et lycées devenus autonomes.
Si nous ne partageons pas cette vision d'une université-entreprise où la rentabilité, la précarité et la concurrence remplacent l'émulation, l'indépendance et la coopération, alors il est temps de s'opposer avec force à la mastérisation des concours et au démantèlement du statut d'enseignant-chercheur.