Loi Ceseda à l'Assemblée Nationale SARKOZY SUR LES TRACES DE BUSH ET DE LE PEN !
Le lendemain de la journée internationale des travailleurs du 1er mai, Sarkozy a présenté son projet « d'américanisation » de la société française à travers une agression sans précédent contre les travailleurs immigré(e)s, notamment sans papiers. Ainsi, comme « 54% des immigré(e)s diplômés vont aux USA » et « 87% sans diplômes universitaires vont en Europe », la réponse « française » ne peut être que « l'immigration choisie ». Quel « altruisme humaniste » du fils d'immigré Sarko NAGY DE BOSCA, ci-devant Ministre de la République, pour les 1 ou 2% d'immigré(e)s victimes de « l'émigration subie » qui atterrissent dans « l'eldorado français ». Le « tableau de bord » Sarkozien, c'est dorénavant « pour un titre de séjour compétence et talent de 3 ans, pas de médecins béninois, mais d'autres pays, vu qu'il y a en France plus de médecins béninois qu'au Bénin qui en a tant besoin ». En fait, Sarko « t'aime, mais à condition que tu restes chez toi ».
Sarkozy aime tellement les immigré(e)s et les pays d'origine qu'il veut mobiliser les 2,6 milliards d'euros d'épargne des immigré(e)s à l'échelle européenne dans le cadre du « co-développement » et du partenariat Nord/Sud.
Sarkozy oppose à la notion de 'liberté de circulation dans un monde de liberté de circulation des chandises et des capitaux' celle de « la liberté de circulation des compétences». Ainsi, fermant les yeux sur les Sans Papiers sous ses pieds déjà sur le territoire, Sarkozy s'enflamme : « pourquoi s'interdire les ingénieurs chinois ou les informaticiens indiens » ?
Sevré des préjugés les plus racistes dont d'aucun pensait que seul Jean Marie Le Pen avait le monopole, Sarkozy s'épanche : « Il n'y a pas qu'à la société qui accueille de faire les efforts pour accueillir, mais aussi et surtout à l'étranger de faire l'effort d'être accueilli ». Aussi lui faut-il instaurer le « contrat d'intégration avec avis des Maires et décision des Préfets ». Sarkozy confond tout simplement « intégration » et « francisation ». C'est le grand retour du vieux projet colonial de « l'assimilation » après la déculottée sur la loi abrogée en partie du 23 février 05 sur le « colonialisme positif ».
L'étranger doit dorénavant « s'engager » à ne pas être un « délinquant, un terroriste, une racaille, à respecter les lois, les valeurs de la République ». Sarkozy brise tout bonnement « les tabous » qui différenciaient jusqu'ici la droite républicaine du « grand Républicain » que serait devenu Jean Marie Le Pen ! Attention au retour du 21 avril 200 !
Sarkozy supprime ce qu'il appelle lui même « une prime des 10 ans de présence » de la loi actuelle qui donne le droit automatique au titre de séjour. En d'autres termes, Sarkozy offre le travail non déclaré pour « l'éternité » en cadeau aux patrons négriers du travail clandestin.
Le droit de vivre avec sa famille fixé par des conventions internationales est piétiné par Sarkozy lequel déclare devant la représentation parlementaire : « Il ne pourrait y avoir un droit pour toutes les familles de s'installer en France ». La condition de ressources est ramenée au salaire équivalent au minimum au SMIC en dehors des prestations sociales, pour lesquelles d'ailleurs tout travailleur légal cotise. Sarkozy, bien sûr, ne demande pas que ces cotisations soient supprimées pour les étrangers, lesquels s'acquittent des devoirs sans obtenir les droits. C'est du vol !
Comme les français(e)s sont des enfants « irresponsables », leur nouveau tuteur Sarkozy supprime aussi « le lien automatique entre mariage et titre de séjour » et « redéfinit un véritable parcours (du combattant - 4 ans) du mariage aux papiers ».
Sarkozy, « grand libérateur » des femmes immigrées, impose la dépendance machiste de l'étrangère à l'étranger : « Si l'épouse n'est pas intégrée, le mari perd ses papiers ». S'en prenant aux Eglises Catholiques et Protestantes qui ont exprimé leur désaccord avec la loi Ceseda, Sarkozy assène : On ne peut pas en même temps demander l'expulsion des Églises et refuser à la République l'expulsion des Sans Papiers ».
Pour faire croire au consensus, Sarkozy annonce la mise en place d'un « Conseil National de l'Immigration chargé de mettre fin aux polémiques sur les statistiques » et d'une « Commission avec des représentants de la société civile pour veiller à l'harmonisation des pratiques des Préfectures en matière de régularisation ».
Pour faire passer le mensonge de « la voie médiane entre fermeté et humanité », Sarkozy adresse des remerciements à Mariani, Strauss-Kahn, Malick Boutih, Vals, B. Leroux et Braouzeck.
Mais Sarkozy finit par lâcher le morceau : Les bienvenus sont les travailleurs des pays d'Europe de l'est pour combler les besoins en main d'oeuvre dans le bâtiment, la restauration, etc (besoin estimé à 700 000 en 2005).
Le traitement répressif, xénophobe séparé et différencié de l'immigration régulière et irrégulière est terminé. En riposte l'exemple à suivre est celui des millions de manifestants hispaniques organisant une « journée morte » aux USA contre les projets de loi Bush en réaffirmant avec force « l'Amérique, c'est aussi nous ».
Ensemble, sans papiers, immigration régulière et français, mobilisons nous pour dire à Sarkozy, à Le Pen, à De Villiers : LA FRANCE, C'EST AUSSI NOUS ; la France que nous aimons est celle de l'antifascisme et de l'anti-racisme.
Fait à Paris le 03/05/06