Après le CPE, le CNE en ligne de mire des syndicats et de l'opposition

Publié le par AFP

Le recul du gouvernement sur le contrat première embauche est loin d'éteindre la polémique soulevée dès août par son grand frère, le contrat nouvelles embauches, symbole de précarisation du travail pour les syndicats et l'opposition de gauche qui en réclament également le retrait.

Les dirigeants des centrales syndicales ont toutefois tenu à ne pas mélanger le débat sur le CNE avec le mouvement contre le CPE, objet unique du conflit.

Le CNE a comme caractéristique commune avec l'ex-CPE de pouvoir être rompu par l'employeur sans justification pendant les deux premières années. Il est également jugé discriminatoire par ses détracteurs, s'adressant uniquement aux salariés des entreprises de 20 salariés et moins.

Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT, a jugé lundi qu'il fallait voir « comment désormais poursuivre la mobilisation, sous d'autres formes, notamment contre le CNE ». Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a souligné lui que le CNE « n'était pas la revendication de départ du mouvement anti-CPE », même s'il conviendra « au bout d'un moment de revoir » ce dispositif.

Son homologue de FO, Jean-Claude Mailly, a estimé qu'il « faudra rediscuter du CNE, reprendre le dossier en commençant par une évaluation, estimant que "si ça avait créé 400.000 emplois, ça se saurait ».

Les syndicats comptent aussi beaucoup sur les nombreux recours déposés aux prud'hommes contre le CNE, M. Mailly reprenant à son compte la prédiction ironique du Canard enchaîné selon lequel « le CNE mourra dans d'atroces souffrances judiciaires ».

Au plan parlementaire, une proposition de loi déposée par le PS doit être discutée le 16 mai à l'Assemblée nationale, visant à l'abrogation du CPE, disposition maintenant caduque, mais aussi à celle du CNE. Le PCF a déposé un texte semblable au Sénat. Les Verts, les syndicats et les organisations étudiantes et lycéennes sont à cet égard sur une ligne voisine.

Tous dénoncent une politique de précarisation du travail aux forceps voulue par le gouvernement, sous couvert d'un discours portant sur la nécessaire flexibilité de l'emploi afin de lutter contre le chômage en France (9,6%), l'un des plus élevés d'Europe.

Dans la méthode, opposition et syndicats fustigent également un manque de concertation dans la façon dont le CNE avait été instauré par une ordonnance du 2 août 2005, suscitant immédiatement un tollé de la part des syndicats. Ceux-ci avaient placé l'abrogation de ce contrat au coeur de leurs revendications lors de la journée d'action du 4 octobre (entre 470 000 et 1,3 millions de manifestants).

De son côté, le gouvernement défend pied à pied un CNE créateur d'emplois, arguant de plus de 400 000 CNE signés depuis août, même si une part d'entre eux auraient de toute façon été conclus sous forme de CDD ou CDI.

L'Insee a estimé le mois dernier entre 10 000 et 20 000 créations d'emplois par trimestre l'apport du CNE à l'évolution globale de l'emploi en France.

Le patronat des petites et moyennes entreprises (CGPME) affirme aussi qu'il n'est « pas question que l'on touche » au CNE.

Pour certains, l'erreur a été de vouloir morceler la flexibilisation du marché du travail en instaurant plusieurs contrats, le Medef militant pour un contrat unique. Parmi eux, l'industriel Serge Dassault, sénateur-maire UMP de Corbeil-Essonnes, a estimé mi-mars que « généraliser le CNE (contrat nouvelle embauche) aurait été la solution » pour flexibiliser le marché du travail.

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Publié dans Nanterre

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