réaction du comité de mobilisation de Nanterre

Publié le par SUD étudiant

Où est la vraie démocratie ?

 

Au moment où le mouvement contre le CPE/CNE et la loi sur l’Egalité des chances prend de l’ampleur au niveau national et où les grévistes à Nanterre ont remporté une victoire nette à l’Assemblée Générale du 9/03/06 par un vote démocratique, la direction de l’université de Nanterre propose aux étudiants un référendum : « Êtes-vous pour la reprise des enseignements ? ».

 

Une question biaisée

Loin de « clarifier le débat », la question est orientée. Qui donc peut se prononcer contre la tenue des cours en soi ? Les grévistes ne sont pas contre la tenue des enseignements, ils sont contre le CPE. Nous sommes pour retourner en cours, mais seulement une fois le retrait du CPE/CNE et de la loi sur l’Egalité des chances obtenus ! L’administration s’est prononcée contre le CPE lors du dernier Conseil d’administration. La question qu’elle devrait débattre avec les étudiants, les enseignants et les IATOSS est plutôt : comment obtenir le retrait ? C’est précisément ce qui est discuté lors des différentes AG.

 

Un simulacre de démocratie

L’administration a fait mine d’organiser une vaste consultation démocratique en convoquant les différentes organisations étudiantes à propos de l’organisation du référendum. Cependant, les courriers invitant les étudiants à participer au référendum étaient déjà envoyées... On voit l’empressement de l’administration à appliquer ce qui est en réalité une directive du gouvernement. Nanterre n’est ni la première ni la dernière université à subir ce type de mascarade si l’on s’en tient aux récentes déclarations de Mr De Robien.

 

Les vrais ennemis du droit à l’éducation

Mr Audéoud est beaucoup moins prompt à condamner et prendre de réelles mesures à l’encontre des individus qui ont proféré des insultes racistes, effectué des saluts nazis devant les piquets de grève et qui ont pris l’initiative de commettre des brutalités contre les grévistes. Pourtant ce sont eux et non les grévistes qui sont contre le droit à une éducation de qualité pour tous, pour la sélection à l’université, pour les quotas d’étudiants étrangers à la fac. La direction n’a rien fait non plus contre les brutalités de certains vigiles contre les grévistes.

 

Les étudiants, le droit de grève et les blocages

Mr Audéoud « compte sur [notre] civisme » et nous rappelle que « la grève est un droit incontestable ». En réalité, avec les listes de présence en cours et la défaillance au bout de trois absences en TD, le droit de grève n’existe pas pour les étudiants. Ne pas aller en cours pour se mobiliser en faveur d’une cause juste, c’est risquer la sanction. Les blocages permettent à chacun de se rendre en AG, de se mobiliser sans avoir à subir la menace des sanctions. Pour être écoutés, nous n’avons pas le choix face à un gouvernement qui passe en force. Supprimer les cours n’est pas une fin en soi : c’est l’unique moyen dont nous disposons actuellement pour nous mobiliser efficacement.

 

La légitimité de l’Assemblée Générale

L’AG est ouverte à tous. Les votes qui s’y déroulent ont lieu après un après un débat, où chacun peut non seulement s’exprimer quel que soit son point de vue, mais où tous peuvent soumettre au vote n’importe quel proposition. Mr Audéoud impose la question et ne donne pas les moyens d’un réel débat. De plus, l’AG est un lieu de débat tourné vers l’action collective, qui permet à tous de tester la validité des propositions des une et des autre, de lier discussion et action, de lier théorie et pratique.

 

En conclusion, le référendum de Mr Audéoud n’est qu’une misérable mascarade, dont l’objectif est de faire cesser le mouvement à Nanterre. Il se déclare contre le CPE et pour le droit de grève. Cependant, les grévistes avaient explicitement demandé la non sanction à leur encontre. Cela leur a été refusé... sauf pour les journées nationales de grève. La seule manière d’obtenir un véritable droit de grève et d’arracher le retrait du CPE/CNE et la satisfaction de nos revendications, c’est la lutte collective et le vrai débat démocratique.

 

Le comité de mobilisation de Nanterre

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Publié dans Nanterre

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G
Nous tenons à souligner que les blocages ont conduit à l’instauration d’une escalade de la violence. La polémique sur l’accident de « l’handicapé », les nombreuses interventions de la sécurité, les noms d’oiseaux qui volent le montre bien.<br />  <br /> De plus en plus d’étudiants vont dans les AG certes. Mais est-ce vraiment pour discuter du CPE ? Est-ce que la salle n’a pas râlé jeudi dernier, pour imposer une modification de l’ordre du jour pour que le vote sur le blocage se fasse au début, avant tout débat sur le CPE ? les blocus ont motivés les étudiants pour participer à la démocratie des AG, mais aux seules fins de contester les blocus !<br />  <br /> La légitimité des AG est-elle vraiment fondée ? 500 étudiants peuvent-ils valablement engager les 33.00 étudiants de Nanterre ? Tout le monde est convié, mais toute AG a ses limites : au-delà de 1.200 personnes, le vote est impossible pour tous. Si le résultat du vote n’est pas satisfaisant, une nouvelle AG peut se tenir dans les moins de 24 heures. La légitimité de l’AG est donc aussi limité dans le temps. Enfin, le vote à main levée pose le problème du décompte et de la présence de personnes extérieures à Nanterre. <br />  <br /> Dans ces conditions de violence exacerbée, la consultation de Monsieur AUDEOUD offre certains avantages : elle permet à TOUS de s’exprimer, assure que la décision qui sera prise sera maintenue plus de 24h, et permet un décompte exact des voies. En fondant la légitimité morale des blocages, il est clair qu’elle empêchera toute contestation de ceux-ci et permettra donc leur maintien dans le calme et la sérénité.<br />  <br /> Et si la question de Monsieur AUDEOUD paraît biaisée, c’est que celui-ci ne peut mentionner les blocages officiellement, dès lors que ceux-ci sont illégaux. Contentons-nous donc de la question, interprétons la comme « souhaitez vous que les cours reprennent malgré le maintien du CPE et la continuation de la grève », et utilisons la pour nous donner une légitimité morale à continuer les blocages. Une fois le vote acquis en notre faveur, nous pourrons l’opposer non seulement à l’UNI et aux étudiants globalement, mais aussi à l’administration.<br />  <br /> Participons donc au scrutin, il est clair que nous en sortirons renforcés pour continuer la lutte contre le CPE.
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