Lettre ouverte aux étudiants qui voudraient que la grève se termine
Chers étudiants,
Ce matin vous avez trouvé des tracts en nombre, des autocollants à foison, proclamant « Stop la grève ». Votre formation universitaire devrait vous fournir un regard critique sur le monde qui vous entoure. Il n’est donc pas déplacé de se poser quelques questions :
- D’où viennent ces tracts et ces autocollants ?
- Quelle organisation a ses locaux au siège de ce « collectif des étudiants contre le blocage de l’université de Nanterre » qui signe le tract ?
- Qui paye et qui organise ces distributions massives ?
Le gouvernement est en train de détruire ce qui reste du code du travail. Vous avez sous les yeux tous les jours les effets d’une précarité qui ne cesse de grandir dans le pays, d’une misère qui ne cesse d’augmenter, d’un chômage qui s’élargit malgré les manipulations des statistiques. Nous pouvons témoigner de la dégradation des conditions de travail, des divisions nouvelles qui sont introduites pour dresser les salariés les uns contre les autres, dans le but évident de favoriser la soumission généralisée.
Vous avez encore la possibilité de vous battre pour un avenir meilleur, pour que vos conditions de travail ne soient pas davantage dégradées.
- Si le projet Dévaquet a été retiré en 1986 (après l’assassinat par la police de Malik Oussekine)
- Si l’institution du CIP a été évitée en 1993
C’est bien parce que les étudiants se sont battus, ont bloqué leurs facs et lycées, sont descendus dans la rue. Au début de la lutte, ils étaient une minorité, ne l’oubliez pas !
Empêcher le gouvernement de casser vos efforts pour obtenir un avenir meilleur est possible !
Allez dans les assemblées, discutez avec vos camarades qui ont pris l’initiative des blocages et n’oubliez pas que la responsabilité du CPE revient à ceux qui voudraient aujourd’hui empêcher la grève.
Sans les blocages des facs le CPE serait passé comme une lettre à la poste, sans même la parodie d’une discussion au Parlement. C’est maintenant que la discussion peut commencer. Les blocages vous ont donné une parole que normalement vous n’avez pas le droit d’avoir. Faites-en un usage immodéré, soyez critiques, demandez des comptes à ceux qui nous gouvernent, empêchez-les de casser vos espoirs !
Un groupe de salariés syndiqués et non syndiqués de la BDIC,
travaillant sur le site de Paris X Nanterre
Nanterre le 9.2.06
PS : Si vous voulez en avoir le cœur net, et savoir qui se cache derrière le « collectif » qui vous incite signer une pétition pour faire cesser la grève « indépendamment de toute considération politique ou syndicale » appelez son siège parisien, dans le 16e arrondissement :
UNI – 8 rue Musset – 75016 Paris - tél : 01 45 25 34 65