Les jeunes poursuivent la résistance malgré les vacances

Publié le par nousvousils;fr


Les jeunes, étudiants, lycéens et salariés, ont tenté jeudi de poursuivre la résistance contre le gouvernement, dont le texte sur le Contrat première embauche (CPE) était examiné au Sénat, malgré le handicap récurrent des vacances scolaires et universitaires tournantes.

Organisée à l'appel du collectif d'organisations de jeunes contre le CPE et destinée à maintenir l'élan d'ici le 7 mars où les jeunes, tous rentrés de vacances, manifesteront aux côtés des confédérations syndicales, cette "journée-test" s'est soldée par des manifestations éparses, quelques blocages et une dizaine d'universités en grève.

"Je pense que Dominique de Villepin attend le 7 mars avec anxiété et je pense qu'il a raison: on a déjà gagné le pari de l'opinion - les sondages le montrent -, on commence à gagner le pari de faire descendre les jeunes dans la rue", a déclaré à l'AFP le président de l'Unef, Bruno Julliard.

Dans la matinée, interrogé sur la contestation de son projet par les jeunes, le Premier ministre a soutenu sur Canal + que "quelques-uns manifestent contre le CPE".

"La conjonction de ces deux éléments va faire qu'il sera obligé de faire marche arrière", a prévenu le responsable étudiant, dans la manifestation francilienne, à Paris, la plus importante du jour, qui a réuni 3.000 personnes selon la police.

Il a ajouté que 11 universités étaient en grève jeudi, dont les "historiques", mobilisées depuis le premier jour (Rennes I et II, Brest, Toulouse II et III), et les plus récemment convaincues (Lorient, Le Mans, Montpellier II, Paris VII, Paris X et Paris XIII).

Deux-tiers des universités seront en vacances d'ici les quinze prochains jours.

"Qui sème la misère récolte la colère" ou "contrat patronat esclavage", à Bordeaux (entre 800 et 3.000 manifestants), "C comme chômage, P comme précaire, E comme exploité" et "tolérance zéro pour ceux qui brûlent notre avenir", à Paris, ou "des postes au Capes pour pas finir CRS", à Rennes (entre 1.400 et 2.000 manifestants), ont crié les jeunes.

Au sud de Lorient, environ 250 jeunes ont organisé un barrage filtrant sur une nationale, 400 ont défilé dans Brest et entre 150 et 200 à Caen. A Toulouse, deux étudiants ont été légèrement blessés lors d'échauffourées entre manifestants et CRS.

"C'est la rentrée en Ile-de-France, on marque le rendez-vous en redisant qu'on ne se laissera pas faire, une fois qu'on les a informés, les lycéens sont écoeurés", a expliqué à l'AFP Charlotte, vice-présidente de la Fidl, venue de Lyon, en vacances, participer à la manif parisienne.

Une mode, lancée par les étudiants de Paris-XIII-Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), dont 600 se sont réunis en assemblée générale jeudi, consiste à épingler sur son blouson un petit carré de velours rouge : "ça veut dire qu'on est contre le CPE", hurle un organisateur au micro dans la manif.

Pendant ce temps, les sénateurs ont commencé l'examen du projet de loi sur l'égalité des chances, qui comprend le CPE, dans un climat tendu, où la gauche a mis en oeuvre une stratégie de harcèlement du gouvernement.

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