L'édito du "Libé des étudiants": Espoirs

Publié le par SUD étudiant

Espoirs
les étudiants de nanterre
QUOTIDIEN : vendredi 21 mars 2008

«La jeunesse n’est qu’un mot», disait Pierre Bourdieu. «Etudiant» aussi, et il est bien pratique pour masquer les différences sociales. Dans la bataille interprétative à laquelle se livrent les héritiers de 68, Nanterre occupe une bonne place. Nanterre n’est qu’un nom, mais on serait tenté de le reprendre comme un emblème. Enjeu symbolique lors des mouvements sociaux («Nanterre en colère/On va pas se laisser faire !»). Enjeu idéologique quand elle est rebaptisée «université Paris-Ouest-Nanterre- la Défense» après le passage en force de la loi d’autonomie, pour signifier qu’elle a bel et bien basculé à l’heure de la mondialisation capitaliste. Qu’on s’en revendique ou qu’on cherche à l’occulter, le symbole du 22 mars 1968 nourrit encore l’imaginaire. Mais au-delà des mots, Nanterre vit. C’est plusieurs milliers de personnes qui y travaillent et y étudient. Une université qui se consacre aux sciences humaines et au droit, aux lettres et à l’économie, une université qui n’est pas en dehors de la société et qui en subit ses contraintes. Ici aussi se développe la nouvelle précarité étudiante : pénurie de logement, dévalorisation du travail et de l’enseignement supérieur. Nous savons ce que nous refusons. Et nos espoirs ? Comme Bourdieu le rappelait, les mouvements étudiants, en 68 comme aujourd’hui, ne sont pas ceux d’une «jeunesse». Ils rassemblent tous ceux qui croient en une vraie égalité des conditions, et qui se mobilisent pour l’indépendance du savoir et la défense de l’université critique. Et notre avenir ? Parfois nous l’inventons.



http://www.liberation.fr/actualite/societe/316910.FR.php
© Libération
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Publié dans Nanterre

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