La loi Pécresse en ballottage dans les facs ?

Publié le par l''humanité 05/03/08



Le renouvellement des conseils d’administration universitaires révèle  une poussée des listes opposées à la loi LRU, comme à Rennes-II ou au Mans.

Voulu par la loi Pécresse, le renouvellement des instances de  gouvernance des universités va-t-il se retourner contre les supporters  de la loi Pécresse ? Le tour de table des facs françaises est loin  d’être achevé, mais les premiers scrutins laissent apparaître une  poussée des listes opposées à la loi sur les libertés et responsabilités  des universités (loi LRU). Dans plusieurs campus, les présidents dé,  défenseurs actifs de la loi, se retrouvent en ballottage, susceptible,  dans certains cas, de virer en leur défaveur.

Votée en août dernier, la loi LRU impose aux facs de renouveler leurs  conseils centraux ainsi que leur présidence avant le 10 août prochain.  Sur les 85 universités françaises, 24 sont déjà passées à l’acte et ont  réélu leurs conseils centraux, notamment leur conseil d’administration  (CA). C’est ce même CA qui devra, in fine, élire le nouveau président de  l’université ou confirmer celui en exercice.

Or, dans plusieurs facs, le renouvellement de cette instance, désormais  seule à disposer d’un pouvoir décisionnel, met à mal l’équipe sortante,  voire compromet sa réélection. À Villetaneuse, Rennes-II et au Mans, les  deux collèges enseignants (le collège des professeurs, dit collège A, et  le collège des enseignants non-professeurs, dit collège B) ont ainsi  voté contre les listes soutenant le président sortant. A contrario, les  voix sont allées à des listes opposées à la loi LRU, composées, entre  autres, de membres du SNES Sup FSU ou de Sauvons la recherche (SLR).

Plus généralement, seul le collège B penche dans cette direction, quand  le collège A demeure fidèle à l’ancienne équipe. C’est le cas de  Paris-IV-Sorbonne, de Dijon, de Créteil ou encore de Paris-XII-Créteil.  Pas anodin, quand les enseignants non-professeurs sont plus nombreux que  les enseignants professeurs. Pas à même, pour autant, de faire basculer  la majorité, quand le nombre de sièges est sensiblement le même pour les  uns et les autres.

Quoi qu’il en soit, la situation ne met pas les présidents à l’aise et  certains usent de toutes les ficelles que leur tend la loi LRU pour y  parer. Simone Bonnafous, présidente de Paris-XII-Créteil, a ainsi  provoqué l’ire de ses opposants en convoquant le CA fraîchement élu sur  un ordre du jour explicite. Celui-ci prévoit, à 9 heures, «  l’approbation de la liste des personnalités extérieures présentées par la présidente ». Suivi, à 9 h 30, par un CA en formation plénière,  autrement dit élargi à ces mêmes personnalités désignées par la  présidente, lequel devra se prononcer sur… le « maintien en exercice de  la présidente ».

M.-N. B.
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Publié dans universités

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