Universités : les modalités de vote rajoutent aux tensions dans les AG étudiantes
LEMONDE.FR avec AFP | 13.11.07 | 16h02 • Mis à jour le 13.11.07 | 17h22
Plus d'une cinquantaine d'assemblée générales étudiantes sont organisées cette semaine dans les facultés françaises. On débat, on argumente, on invective, mais, surtout ces derniers jours, on y vote. Pour ou contre la loi Pécresse ? Pour ou contre le blocage de l'université ? Et avant de voter, on s'affronte sur les modalités : vote à main levée ou à bulletin secret.
Aux premières heures du mouvement, la majorité des décisions a été prise à main levée lors d'assemblées. Peu à peu se sont fait entendre les opposants au blocage, qui ont réussi dans quelques villes à organiser des votes à bulletin secret.
"LA SEULE LÉGITIMITÉ, C'EST LE VOTE DES AG"
Comme à Rennes, où lundi 12 novembre, une majorité d'étudiants (62%) se sont prononcés contre le blocage lors d'un vote à bulletin secret. Trois mille deux cent quatre-vingt-dix étudiants de la faculté, qui en compte près de dix-huit mille, y ont participé. Si pour l'Unef, ce vote est légitime, il ne l'est pas pour le syndicaliste de SUD Hugo Melchior, qui y voit l'influence de la présidence de l'université. "La seule légitimité, c'est le vote des AG", déclare-t-il.
Malgré le vote, des partisans du blocage ont empêché mardi matin la réouverture de l'université. Le président de la faculté, Marc Gontard, s'en désole :"C'est l'impuissance des démocraties face aux régimes totalitaires." Ces propos reprennent la principale accusation portée contre le système de vote à main levée. Ses opposants crient en effet au déni de démocratie, aux pressions subies, aux regards des autres, à l'impossibilité de faire un décompte précis des voix...
BERNARD ACCOYER : "DES TECHNIQUES BIEN CONNUES"
Même le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a abordé le sujet : "[L'extrême gauche] manipule les assemblées générales avec des techniques bien connues : on attend, on vote avec un minimum d'étudiants et après on prétend que c'est représentatif. Ce n'est pas ça la démocratie, ça c'est la révolution."
A Lille III, les étudiants ont voté à bulletin secret et cette fois-ci en faveur de la poursuite du blocage, preuve que bulletin secret ne signifie donc pas forcément la levée du blocus. Les participants au scrutin devaient répondre – après avoir présenté leur carte d'étudiant – à la question "Etes-vous pour la poursuite du blocage comme moyen de mobilisation pour obtenir le retrait de la loi LRU ?". Le résultat a donné 1 631 oui, 1 037 non et 14 bulletins nuls ou blancs.
Enfin, à Nanterre, où un vote à main levée a été organisé, lundi, l'AG a été particulièrement houleuse. Le blocage a été adopté par 873 voix contre 767, après plus de deux heures de débats mouvementés auxquels ont pris part en masse des antibloqueurs. Le résultat du vote, obtenu à l'issue d'un comptage effectué par des étudiants de toutes sensibilités, a été aussitôt contesté par des antibloqueurs. Le dernier mot est revenu aux forces de l'ordre, qui ont délogé les étudiants mardi matin.