A Nanterre, les CRS ont délogé des étudiants à coups de matraque
LEMONDE.FR avec AFP | 13.11.07 | 12h05 •
La situation à la faculté de Paris-X-Nanterre était tendue, mardi 13 novembre, en milieu de matinée : les forces de l'ordre ont par deux fois délogé des étudiants grévistes à coups de matraque, afin de permettre l'accès d'un bâtiment à des étudiants non grévistes.
Le blocage avait été voté lundi en assemblée générale et selon l'UNEF, quelque 150 étudiants étaient venus dès 7 heures mardi pour bloquer la dizaine de bâtiments que compte le site. Vers 10 heures, des CRS ont dispersé 100 à 200 étudiants qui interdisaient l'entrée d'un bâtiment et pris la place des bloqueurs.
GAZ LACRYMOGÈNES
Quelque 500 personnes ont assisté à la scène sans intervenir, exprimant des sentiments partagés : "bloqueurs, hors des facs", "liberté d'étudier", scandaient de nombreux étudiants désireux d'assister aux cours, tandis que d'autres dénonçaient l'intervention des forces de l'ordre en reprenant les slogans "police partout, justice nulle part" et "police hors des facs".
Protégés par les CRS, une trentaine d'anti-bloqueurs sont entrés dans le bâtiment où se trouvaient déjà des professeurs. Quelques étudiants grévistes ont alors lancé des poignées de terre sur des étudiants hostiles au blocage dans un climat d'invectives, provoquant une nouvelle intervention des forces de l'ordre. Des coups de matraque ont volé et une étudiante touchée au dos est tombée, sans conséquence apparemment. Les manifestants ont été repoussés par des gaz lacrymogènes.
Une conseillère générale communiste, Michèle Fritsch, s'est rendue sur place. Elle a exigé du chef de la police dans les Hauts-de-Seine, Christian Sonrier, le retrait des forces de l'ordre du campus. M. Sonrier a indiqué que la police était intervenue à la demande du président de l'université, Olivier Audéoud."On use de la force nécessaire et suffisante", a-t-il estimé.