Contre la précarité: un salaire socialisé pour la jeunesse

Publié le par SUD étudiant Angers

La précarité touche de plein fouet les étudiant-es. En effet il est attesté que malgré les beaux discours rassurants de notre ministre, l’université n’est pas accessible à tou-tes. En effet, c’est toute une moitié de la jeunesse qui n’a pas accés aux études supérieures. A cet état de fait il faut aussi ajouter que quelques 50 % d’étudiant-es doivent exercer une activité professionnelle. Les 100 000 étudiants vivant sous le seuil de pauvreté représentent également une réalité, ainsi que les 40 000 parmis ceux/celles-ci contraint-es à la prostitution pour financer leurs études comme l’atteste le rapport Dauriac. La sélection sociale transparait dans la proportion d’enfants d’ouvriers dans l’enseignement supérieur. : 13% en première année de licence pour 5% en doctorat... Curieusement cette baisse accompagne la hausse croissante, de cycle en cycle, des frais occasionés par les études. Certes l’Etat nous verse bien l’aumône sous la forme des différentes aides qui nous sont déstinées, à nous, “pauvres étudiant-es”, mais le montant et la quantité de ces aides sont loin de garantir l’autonomie de la jeunesse.

Il est donc nécéssaire plus que jamais de poser la question d’un salaire social, seul moyen d’assurer cette autonomie indispensable pour étudier. Entendons nous bien, par salaire social nous entendons faire reconnaître un véritable statut de l’étudiant-e en tant que travailleur/euse en formation, car même si nous ne produisons pas tous des richesses (seulement les étudiants chercheurs), nous suivons une formation déstinée à profiter à terme à la collectivité et aux entreprises. A ce titre, le salaire différé s’impose comme un dû aux étudiant-es, de la même manière que l’est celui versé aux retraités. Ce salaire permettra donc, plus que de fixer un statut, ouvrir le droit d’étudier à tou-tes. Ce faisant, nous rejetons la charité de l’Etat et réclamons une véritable reconnaissance de notre travail plutôt qu’une aide palliative, uniquement destinée à masquer un choix délibérément politique de l’état.

Car là est à la fois le problème et la solution. Le financement du salaire social ne peut en effet s’envisager que dans une logique de répartition des richesses. Par un système de cotisations, il serait en effet possible de verser aux quelques 2 millions d’étudiant-es un salaire comparable au SMIC, ce qui représenterait en tout et pour tout 1,57% du PIB ( de beaucoup inférieur à certains budgets tels que celui de l’armée...) En sachant que depuis les années 80, la part des salaires dans le PIB a diminué de 10% et que dans le même temps la part versée aux patrons a crue du même pourcentage, on constate qu’il ne s’agirait que d’un rééquilibrage des plus justes. Nous posons donc bien ici la question d’un choix de société, à mettre en place, basé sur une répartition solidaire et égalitaire des richesses.

Reste qu’à celà on ne manquera pas de nous répondre en nous qualifiant de doux rêveurs utopistes. Toutefois, n’oublions pas que les acquis sociaux sont dûs aux quelques personnes qui ont un jour crû à de telles utopies, et qu’il est confortable pour les dominant-es de qualifier un futur qu’ils souhaitent comme étant un projet de société, et un futur qu’ils ne souhaitent pas, comme étant une utopie...

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