Campagne du Syndicat national des travailleurs Colombiens de l’industrie alimentaire « Parce que j’aime la vie, je ne bois pas Coca-Cola »

Publié le par SUD étudiant

 

 

 Réseau d'information et de solidarité avec l'Amérique latine |
www.risal.collectifs.net/article.php3?id_article=1697

Le boycott contre la multinationale de la boisson rencontre des adhésions dans le monde entier.
par Gloria Elena Rey
10 avril 2006
 

L’université du Michigan fut l’une de celles qui a suspendu la vente de Coca-Cola à ses 50 000 élèves ce 1er janvier, occasionnant à la multinationale des pertes estimées à plus de 1,2 million d’euros. Cependant, ce chiffre pourra se multiplier dans les prochains jours car « au moins quelque 1 000 universités et collèges du monde entier pensent rejoindre la campagne mondiale » contre la consommation de cette boisson, d’après les dires d’Edgard Páez, du Syndicat national des travailleurs de l’industrie alimentaire (Sindicato Nacional de Trabajadores de la Industria de Alimentos, Sinaltrainal) qui rassemble 2 500 employés de Coca-Cola en Colombie. La multinationale fait l’objet de quatre procès aux Etats-Unis pour être accusée d’avoir utilisé des paramilitaires pour assassiner neuf syndicalistes.

« Il y a des processus de boycott en marche dans des universités et des centres éducatifs aux Etats-Unis, au Canada, en Italie, en Irlande et au Royaume-Uni qui doivent se concrétiser ces prochains jours, en début d’année quand on renouvelle ou pas les contrats de fourniture d’aliments et de boissons. Rien qu’au Royaume-Uni, le processus de boycott de la consommation de Coca-Cola est en marche dans 536 universités. De plus, nous espérons être rejoints par d’autres organisations sociales dans les prochains mois », souligne Páez.

Selon le quotidien The Atlanta Journal-Constitution, au moins neuf universités nord-américaines ont suspendu leurs contrats avec Coca-Cola à cause de la situation en Colombie.

La multinationale est accusée d’employer des paramilitaires comme tueurs à gage

Avec la devise « Parce que j’aime la vie, je ne bois pas Coca-Cola  », le syndicat colombien a lancé il y a deux ans la campagne internationale contre la consommation de la boisson non alcoolisée la plus bue au monde. De plus, le syndicat a entrepris quatre procès contre la multinationale aux Etats-Unis, l’accusant d’avoir employé des groupes paramilitaires d’extrême droite pour assassiner, entre 1992 et 1994, neuf syndicalistes qui travaillaient pour la firme en Colombie et de poursuivre et d’intimider d’autres employés.

Páez explique que le syndicat souhaite que la communauté internationale fasse pression pour qu’une enquête soit ouverte dans l’entreprise qui opère en Colombie afin d’établir les responsabilités à propos des neuf assassinats et sur les enlèvements, les persécutions et les intimidations qu’ont endurés les travailleurs de Coca-Cola en Colombie de la part de groupes paramilitaires supposés être sous contrat avec l’entreprise. « Nous ne voulons pas que cela demeure impuni, spécialement maintenant, avec les négociations de paix entre le gouvernement et les paramilitaires [1] », explique-t-il.

Pesticides en Inde

L’université du Michigan a suspendu la vente de Coca-Cola dans ses trois campus considérant que la multinationale permet les abus contre les droits humains et la dégradation de l’environnement, selon ce qu’elle a dénoncé dans un communiqué annonçant sa décision ; et après avoir reçu et évalué les plaintes de Students Organizing for Labor and Economic Equality. Cette organisation estudiantine accuse Coca-Cola de conspirer avec des groupes paramilitaires en Colombie pour intimider les leaders syndicaux et de vendre ses boissons en Inde avec un taux élevé de pesticide.

L’université a initialement affirmé qu’elle renouvellerait les contrats avec Coca-Cola sous forme conditionnelle, jusqu’à ce que l’entreprise réalise un audit indépendant pour corriger ces anomalies. De plus, elle a offert, en collaboration avec d’autres universités, de financer l’enquête mais Coca-Cola l’a informée qu’elle n’était pas prête à examiner ses pratiques commerciales et de travail en Colombie et en Inde, car une plainte civile l’empêchait de participer à l’enquête.

Le directeur de la communication de Coca-Cola en Colombie, Pablo Largacha, attribue la campagne du syndicat colombien à l’une des plaintes que ce dernier a présentées devant les tribunaux nord-américains en 2001, dans laquelle pour la première fois l’entreprise était associée à l’assassinat de l’un des neuf syndicalistes. Ce crime s’était déroulé dans l’entreprise de Carepa, dans la zone bananière de Urabá (dans l’ouest de la Colombie) il y a presque dix ans.

Défense d’entreprise

De plus, Largacha affirme déplorer que les organisations de défense des droits humains, du travail et de l’environnement, pour la plupart liées aux universités, « soient si mal informées sur ce qui se passe en Colombie » et souligne que l’entreprise détient des preuves que ses directeurs ne sont pas liés à la mort du syndicaliste. « Il y a un verdict qui dit qu’il n’y a aucun indice liant l’entreprise de mise en bouteille de Carepa à la mort de ces leaders syndicaux », assure-t-il.

En Colombie, il existe 20 entreprises de mise en bouteilles de Coca-Cola, dont 17 appartiennent à l’entreprise Panamco Colombia S.A. et trois sont dirigées par des particuliers. Les travailleurs de ces entreprises sont affiliés au Sinaltrainal, un syndicat fondé en 1982 par la fusion d’autres syndicats de compagnies multinationales du secteur alimentaire et de la boisson.

En plus de la Colombie, de nombreux travailleurs de Coca-Cola au Guatemala ont aussi dénoncé des abus. Selon les sources des syndicats, entre 1968 et 1980, six de leurs dirigeants ont été assassinés et quatre autres ont disparu sans laisser de trace.

A ce sujet, Paéz signale qu’« en Colombie, nous ne permettrons pas que les assassinats et les autres abus commis ici demeurent dans l’impunité ».

 

plus d'informations sur la campagne, sur les sites

 www.killercoke.org

www.sinaltrainal.org

Publicité

Publié dans Nanterre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article