Jeudi noir,, les galériens du logement !

Publié le par SUD étudiant

Première intervention festive de "jeudi noir" sur le marché du logement.

Samedi 28 octobre 2006, 14 heures.
Les militants de « Jeudi-Noir » s’invitent à une visite collective d’un studio de 20 m2 loué 630 € par mois. Pour le louer ? Non, pour y faire la fête !
Jouant aux candidats à la location, on se mêle à la foule des véritables postulants, armés de leur dossier de candidature : aux éléments désormais classiques (fiche de paie, déclaration d’impôt, caution...) s’ajoutent des éléments un peu plus originaux (bulletins de santé, garanties d’appareils électroménagers...).

Au signal, les bouteilles de mousseux sortent, on dégaine les flûtes et cotillons, on allume la musique et la fête commence. Le propriétaire médusé laisse faire. Les « vrais » candidats tentent désespérément, au milieu du brouhaha, de le convaincre de la solidité de leur dossier. L’un d’eux s’exclame : « Ah bon, il y a une fête ? On ne m’avait pas prévenu ». Avec 2 sonos, ça aide...
Rebelote (après avoir balayé) dans le 9ème arrondissement, avec un record : 15m² pour 850 euros (soit 56 euros le m² !). Le mousseux coule à flots sur des airs de disco, les flibustiers du "Jeudi-Noir" envahissent joyeusement le studio, à coups de ballons et de cotillons... Même le propriétaire trinque !

Photos et vidéos des deux incrustes festives... :

-http://www.jeudi-noir.org/spip.php?...

Pourquoi « Jeudi Noir » ?

Pour les jeunes en recherche de logement, le jeudi est une journée noire : celle de la chasse aux petites annonces. Des logements toujours plus chers et des bailleurs toujours plus exigeants. C’est aussi la journée ou on envisage des solutions alternatives : colocation, sous-location, logement chez des proches, squat, retour chez les parents ...

Le marché du logement des jeunes est devenu un marché très lucratif. Certains propriétaires peu scrupuleux se sont ainsi transformés en rentiers en louant à des jeunes des logements à peines salubres à des prix indécents. Exemple, ce propriétaire de cet appartement chez qui Jeudi-Noir s’est invité. Il avoue sans détour faire le trajet à chaque fin de bail depuis l’Amérique du Sud, où il vit, le temps de trouver de nouveaux locataires. Son objectif, rentabiliser les mètres carrés en louant au plus cher. Il sait que les aides au logement versées par les allocations familiales lui permettent de fixer un loyer au mètre carré beaucoup plus élevé que la moyenne et que les jeunes à faibles revenus n’ont guère le choix : le marché du logement social, déjà saturé, leur est refusé.

L’immobilier, qu’il s’agisse de location ou d’acquisition, est pris depuis 5 ans d’une fièvre spéculative. Les prix ont plus que doublé en dix ans et les jeunes ne peuvent plus suivre. L’Etat, loin de jouer son rôle de régulateur, a consacré ses efforts à l’entretien de la spéculation. Les actuels propriétaires sont les principaux bénéficiaires des politiques du logement.

En s’endettant sur 25 ans, en surpayant leurs loyers (montant annuel du loyer 4 fois plus cher à 25 ans qu’à 65 ! ) ou en jonglant entre les situations précaires, ce sont les jeunes qui paient la facture de cette non-régulation.

Et la suite ?

La suite, ce sont de nouvelles actions dès jeudi prochain, chez les propriétaires particuliers et dans les agences, actions toujours festives destinées à mettre en lumière la galère du logement.

Le collectif adressera prochainement à tous les interlocuteurs pertinents un ensemble de propositions visant à bousculer le consensus de l’immobilier.

Aux pouvoirs publics de se mobiliser, à nous de le leur rappeler ;

-http://www.jeudi-noir.org

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Publié dans Nanterre

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