solidarité avec Suzylène et les Sans papiers !

Publié le par SUD étudiant


Suzilène nous étions quelques uns à croire que ce n’était pas possible que tu partes ainsi avec pour seul bagage  les blessures et les larmes de tes quinze jours de rétention. Suzilène   ils ne t’ont pas même laissé embrasser ta maman, serrer fort le petit frère contre ton cœur, ils ont piétiné ton rêve à toi, ton rêve d’une vie meilleure, ton rêve de France.
 
Suzilène où vont tes pensées dans l’avion militaire affrété par le gouvernement de la République ? Suzilène-t-ont-ils menotté comme j’ai entendu dire ? Suzilène qui peut dire encore que cela est juste, que cela est normal, que cela est indifférent ?

Suzilène toujours au premier rang de la classe, ton beau visage, tes traits délicats pareils à ceux d’une héroïne de Jorge Amado. Suzilène aimeras tu encore lire des romans d’amour ?

Suzilène il y avait aussi tes camarades dans le Hall 1 d’ Orly Ouest. Marlène, Armelle, Brahim, Aurélie, Judith, Aziz, je ne connais pas le nom de tous mais je sais aussi leurs visages. Ils sont la jeunesse de France. Je répète, ils sont la jeunesse de France et j’écoute les mots qu’ils portent : Première, deuxième, troisième génération…… Résistance ! Suzilène, il y avait des larmes aussi dans le Hall 1 d’Orly Ouest. La générosité d’un côté et le mépris de l’autre.

Suzilène on continue le combat, on ne va pas se laisser abattre. On continue le combat avec Fanny, avec Giovanni avec tous les autres ! Ils n’ont pas fini d’entendre parler de toi, tu peux compter sur nous,  pour qu’ils ne-t-oublient pas !
                Retour d’Orly Ouest, Hall 1, 12 Octobre 2006, F. Durand.
EXPULSION DE SUZILENE 18 ANS, COMMUNIQUE DU CSP 92
                          
Encore une fois l’infranchissable a été franchi… Mais quand c’est banalisé à ce
point, y a-t’il encore lieu de parler d’infranchissable ?
Est-il normal aujourd’hui, dans un pays signataire de tant de conventions défendant
la liberté et le droit de vivre, d’accepter que se répète l’histoire de
l’arrestation des enfants et leur envoi vers là où ils ont peur d’aller, loin de
leurs familles ?
Suzilène, lycéenne Capverdienne de 18 ans et demi, élève du LP Valmy à Colombes (92) a été expulsée purement et simplement au vu et au su de toute la France, hier 12
octobre, au bout de douze jours de rétention. Ce drame humain, aussi déchirant
soit-il, est passé comme un banal fait divers, sans remuer les consciences et sans
perturber le sommeil de ses initiateurs.
Le combat n’est pas encore terminé camarades, nous n’avons pas le droit de fermer
les yeux ne serait-ce qu’une seconde ou de faire la moindre erreur, nous devons
rester vigilants et en garde 24/24, car il reste  un grand nombre d’enfants à sauver
de l’appétit vorace des élections présidentiels.
L’histoire de Suzilène a démontré le côté malsain de l’ambition, celui qui permet
l’instrumentalisation de tout un ministère pour commettre des actes de malveillance
vis-à-vis de personnes qui n’ont aucun statut dans notre société et surtout pas
celui d’électeurs. Il est tellement facile de s’attaquer aux Suzilènes et autres, ce
n’est pas cher et cela rapporte tellement gros dans l’escarcelle des bureaux de
vote, que l’on n’a aucun scrupule à abuser du mensonge, de la désinformation et de
la tromperie.
Non seulement le Ministère de l’Intérieur a autorisé qu’on arrache à une mère et à
un petit frère une gamine de 18 ans, l’exilant dans un pays où elle n’a plus
d’autres attaches qu’une vielle grand-mère âgée de 83 ans allongé sur un lit, mais
le pire c’est que cela a été fait dans des conditions des plus sordides, avec des
moyens ridiculement disproportionnés par rapport à la dangerosité de la prisonnière.
On avait l’impression d’être en face d’une opération concernant la sécurité de
l’État, où l’incarcération d’un grand criminel nécessiterait des moyens colossaux
pour en préserver le secret.
La fourberie du Ministère de l’intérieur dans cette affaire est avérée et bien
claire. On a lancé des calomnies et des accusations à tort contre une fille qui a
encore les yeux innocents de l’enfance. Comme tous les enfants, elle avait confiance
et ne voyait que le beau côté de notre monde. Demain, on se demandera pourquoi ces enfants ont la haine contre notre société, car on leur aura menti dans les écoles en
leur vantant les valeurs fondamentales de la France. En fait, on a importé des idées
made in USA, et on a usé de facilité pour les substituer aux vraies valeurs de la
France.

La xénophobie est de retour ! A CHAQUE GRANDE ECHEANCE POLITIQUE, il faut trouver des boucs émissaires, auxquels on fera porter le chapeau de tous les maux de la
société. Les appareils de l’État contribuent à mettre à mal ce qui a été si difficilement et
si durement acquis depuis 1996. Les sans-papiers souffrent horriblement de cet
acharnement à grande échelle. Pour bien faire, on a ajouté à une précarisation déjà
lourde de plusieurs milliers de personnes, une mise à mal de leur santé suite à
l’annulation de l’A.M.E. L’application de la double peine, et autres méfaits indigne
de la République, sont venus compléter le tableau. Tous les moyens sont bons pour
sacrifier les sans-papiers sur l’autel de l’ambition personnelle (les morts de Ceuta
et Melilla en font partie).
Aujourd’hui les étrangers (du tiers monde) en général, et les sans-papiers en
particulier, se retrouvent dans leur ligne de mire et se voient accablés de tous les
maux et affublés d’une capacité de nuisance que le diable en personne leur
envierait.
S’il y a 3 millions de chômeurs, ce sont les sans-papiers, si la sécurité sociale
accuse un déficit d’une douzaine de milliards, ce sont les sans-papiers, si les
banlieues se sont révoltées ce sont les sans-papiers.
Les sans-papiers représenteraient un mal si formidable que tous les moyens d’une
grande puissance économique et militaire comme la France sont mis en œuvre pour
éradiquer La Menace sans papiers. Occultant les vrais disfonctionnement qui ont
conduit au chômage et aux problèmes économiques, souvent le fait de l’incompétence et des mauvaises politiques des gouvernants, on s’est arrangé pour faire porter le
chapeau aux seuls sans-papiers, que presque personne n’ose défendre.
Les sans papiers ne veulent plus être les enjeux de luttes politiques fratricides et
électoralistes, un appel à la mobilisation générale des soutiens de tous bords est
aujourd’hui crucial et Urgent afin de barrer la route à la Xénophobie et aux idées
racistes. Unissons nos forces contre cet ennemi aveugle et sourd qui fait de nous
des complices des choses les plus horribles, que nul ne peut accepter. Chaque
expulsion nous nous interpelle, nous n’avons pas le droit de fermer les yeux sur
cela, alors ne laissons pas le temps au temps et le passé au passé, le temps est
entre nos mains et le passé ne l’oublions pas, chaque enfant ou sans papier expulsé
nous demandera des comptes demain et nous lui devrons une réponse.

                                                                                   
                                                  Fait à Boulogne le 13 octobre 2006
                                                                Le CSP 92
Vous pourrez trouvez sur le site FSU 92: http://sd92.fsu.fr
 Le dispositif d'action intersyndical-RESF pour la libération de Suzilène:
Action de lundi 16 octobre à 14 h en Préfecture du 92 et documents téléchargeables:
 - Communiqué RESF pour Suzilène
 - Témoignage pour Suzilène
 - Pétition pour Suzilène à faxer à la Préfecture, mais aussi au LP Valmy
(voir bas de la pétition)
Suite à l’expulsion de Suzilène jeudi 20 octobre, une intersyndicale du 92 (FSU, CGT, Solidaires) s’est réunie avec RESF, le collectif des Sans Papiers du 92, la FIDL, SOS Racisme et des élèves du LP Valmy de Colombes. La FCPE était excusée.

Il a été décidé d’amplifier la mobilisation pour exiger le retour de Suzilène et la régularisation des élèves scolarisés et de leurs familles, ainsi que des jeunes majeurs en cours de formation.
Les organisations syndicales enseignantes appellent les personnels à se réunir le lundi 16 octobre et à décider une action de grève lorsque les conditions sont réunies. Partout, des Assemblées Générales doivent se tenir et tous appellent  à un

 
Rassemblement
lundi 16 octobre
à 14h00
devant la préfecture de Nanterre
(RER A, Nanterre-Préfecture).
 


Nous devons informer les élèves de cette situation.
Symboliquement nous vous proposons de disposer dès aujourd’hui dans les salles de cours (sur le bureau, devant le tableau…) ou dans d’autres lieux (foyer des élèves, salle des profs) une chaise vide portant le prénom de Suzilène.
Nous reprenons ainsi le mot d’ordre de RESF : « Pas une chaise vide à la rentrée ».

Publicité

Publié dans Nanterre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article