Le CA de Paris VIII refuse la séléction des étudiant-es étrangers

Publié le par SUD étudiant

 
 
Le Conseil d'administration de Paris VIII a longuement débattu du projet concernant 
les CEF ( Centre d'études en France) visant à une forme de pré-filtrage consulaire 
pour les inscriptions des étudiants étrangers. L'affaire est présentée comme une
 mesure de facilitation des procédures. Plutôt que l'étudiant ( pour licence, master 
ou doctorat) s'adresse directement à l'université pour postuler une inscription, puis 
ensuite, si accord, engage les procédures de visas et titre de séjour, il est proposé, 
"pour nous aider", que les services consulaires soient le point de passage de ces 
demandes, qu'ils les recensent en examinant leur "cohérence scientifique", qu'ils
 émettent un avis favorable ou défavorable concernant l'obtention du visa, avant de
 laisser l'université accéder au dossier. Plusieurs problèmes d'importance : - il y a un grave risque de confusions voire d'abandons de compétences des universités 
- qui jugent sur le plan académique une candidature - au profit des services consulaires, 
d'autant que la convention négociée par la CPU et proposée aux universités est silencieuse
 sur la délimitation précise de ces compétences - les critères des services consulaires peuvent être directement liées à des critères 
politiques concernant une immigration choisie par exemple, ou liée à des logiques 
diplomatiques et, ce faisant, amener les universités à se calquer sur ceux-ci - l'adhésion aux CEF est une adhésion globale et ne permets pas de faire de distinction 
entre les pays signataires ; elle est assortie d'une logique d'exclusivité qui fait qu'un 
étudiant d'un pays adhérent au CEF ne pourrait plus s'adresser directement aux universités - les CEF prévoient trois choix pour les étudiants y compris de master, ce qui est 
beaucoup plus limitatif actuellement. Cela ne signifie aucunement que nous ne soyons pas préoccupés par la situation
 actuelle qui est souvent difficile. Nous ne doutons pas que pour certains étudiants, 
la procédure proposée pourrait faciliter les choses. Mais le problème général reste
 entier et ouvre la voie à des logiques qui nous semblent contraire à l'esprit d'ouverture
 scientifique à l'international des universités françaises. Toutes les universités françaises sont sollicitées pour adhérer aux CEF. Il semble 
que 34 universités aient adhéré sans que cela n'ait donné lieu à un véritable débat. Nous espérons que la prise de position de Paris VIII pourra donner lieu à un sursaut
 dans les universités. François Castaing, Paris VIII


Le CA a voté hier à l'unanimité le texte suivant, présenté par "Paris 8 autrement" :
"Le Conseil d'administration de l'Université Paris 8 a pris connaissance du projet
 

créant les Centres d'Etudes en France et en a étudié les implications.
Il exprime ses craintes que, sous sa forme actuelle, le système des CEF n'implique

un transfert important, vers les autorités consulaires, des compétences propres aux

universités et souhaite que la sélection scientifique des dossiers des étudiants

demeure la prérogative des universitaires.
Il s'inquiète par ailleurs du risque que l'exclusivité accordée aux CEF pour les

procédures d'inscription des étudiants étrangers ne conduisent ces centres à se

soumettre à des logiques gouvernementales différentes de la logique universitaire.
Il refuse donc l'adhésion aux CEF et souhaite que d'autres universités s'associent

à Paris 8 pour obtenir des modifications sensibles de ce projet, afin de mieux

garantir le respect de leurs compétences tout en améliorant et simplifiant les

procédures d'inscription des étudiants étrangers."

 

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