La casse des droits étudiants na pas pris de vacances !

Après trois mois de lutte intensive, le gouvernement promettait de se pencher sur les problèmes universitaires et étudiants. Les mesures, les analyses et les décisions se sont multipliées durant les vacances toutes plus inadaptées et néfastes les unes que les autres.
Le 7 juillet , le rapport Wauquiez est rendu public. Il fait le constat de l’inefficacité et de l’injustice du système actuel. Ce rapport avançait l’idée d’une allocation de rentrée, d’uneouverture des bourses à la classe moyenne, d’une amélioration du traitement des dossiers par le développement de l'outil informatique et enfin, l’instauration de prêt à taux zéro pour le financement des études. Malgré le peu d’ambitions de ces solutions, le gouvernement n’a proposé que la création d’une allocation de rentrée (ALINE), de 300€ versée aux étudiants boursiers, indépendants et faisant pour la première fois une demande d’aide au logement.Celle-ci concernera chaque année dans les faits 80 000 étudiant-e-s sur 500 000 boursier-e-s et 2,2 millions d’étudiant-e-s. Face à la hausse du coût de la vie (frais illégaux dans 62% des universités françaises, nouvelle hausse du ticket de RU, …), cette mesure nous semble manquer d’ambition et représente une insulte aux milliers d’étudiant-e-s qui se sont mobilisée- s pour protester contre leurs conditions de vie et d’étude.
En somme, le gouvernement a une nouvelle fois décidé de laisser nos conditions de vie se dégrader. Il est donc plus que temps de relancer la lutte autour de revendications porteuses d’émancipation et de transformations sociale.
Pour SUD étudiant-e, plusieurs chantiers sont nécessaires pour revitaliser l’enseignement supérieur et la recherche tout en améliorant les conditions de vie et d’études des étudiant-e-s :
· augmentation du budget de l’enseignement et de la recherche
· quadruplement immédiat du parc de logement CROUS (pour rattraper une partie des 40 ans de non construction alors que la population étudiante a été multipliée par 10)
· suppression des frais d’inscription (pour une université laïque, publique et gratuite)
· gratuité des transports en commun (pour supprimer ce poids pour le budget étudiant et favoriser les déplacements écologiquement responsables)
· encadrement légal des loyers et cautions
· respect et renforcement de l'encadrement des stages dans le droit du travail
· gratuité de la sécurité sociale pour tous et toutes, gérée directement par les étudian-e-s et les salarié-e-s
Ces mesures permettrait un premier pas vers l'émancipation sociale des étudiant-e-s et des travailleurs, qui trouverait son aboutissement par le versement d’un salaire social équivalant au SMIC pour l’ensemble de la jeunesse. Un salaire pour chaque étudiant-e et pour chaque salarié-e ! En France, à l'heure actuelle, un-e étudiant-e sur deux est salarié-e. Il s'agit donc d'une tranche bien particulière d'individus qui doivent occuper un emploi pour s'assurer un niveau de vie décent via la perception d'un revenu. Or, ces mêmes individus sont pour la plupart contraint-e-s par le système capitaliste, dans le sens où ils doivent acquérir un certain niveau de qualification afin d'acquérir ensuite un emploi relativement stable et ainsi garantir leur subsistance future. Leur subsistance est donc doublement soumise au système capitaliste et au rapport salarial tant en ce qui concerne la subsistance présente que la subsistance future. Sur un plan plus pratique, il peut très vite apparaître pour ces étudiant-e-s une incompatibilité entre ces deux types d'exigence en concurrence que sont respectivement le travail salarié et le travail lié aux études. Les études longues (master, doctorat...) paraissent très vite inaccessibles et les études courtes se déroulent dans des conditions difficiles. Les étudiant-e-s non salarié-e-s sont eux soumis-e-s à un autre type de contrainte :ces étudiant-e-s doivent leur subsistance aux différents revenus de leurs parents. A l'évidence mieux loti-e-s que les premiers, ils souffrent là encore des contraintes capitalistes puisqu'ils/elles sont contraint-e-s de se former pour assurer leur subsistance future, mais ils/elles dépendent pour leur subsistance présente des revenus que percevront leurs parents, et donc en partie de leurs salaires. Sur un plan plus pratique, c'est ici l'autonomie des jeunes qui est en question. S'instaure une dépendance et une « infantilisation » contraintes par des motifs économiques, qui paraissent inacceptables pour des personnes jugées « majeures » et pour leur dignité. Ces étudiant-e-s doivent pour la plupart, occuper des emplois temporaires en raison de réoccupations essentiellement pécuniaires. Le système des bourses ne paraît pas être en capacité de remédier à tous ces problèmes. Pour remédier à ces oppressions, SUD étudiant-e propose la création d’un salaire social financé par le salaire socialisé et donc par le biais d’une nouvelle cotisation sociale à côté de celles consacrées à la maladie, à la vieillesse ou encore aux accidents du travail. Les cotisations sociales françaises étant fixées par des taux identiques pour tous les salarié-e-s, chaque salarié-e contribue également à la protection sociale et à son financement. La logique de l'assistance est ainsi évitée contrairement à ce qui se passerait si le financement était assuré par l’Etat via l’impôt Ce salaire social « étudiant » serait versé à l'ensemble des « jeunes » en formation avant l'obtention de leur premier emploi (des apprenti-e-s aux étudiant-e-s) à condition qu'ils se déclarent fiscalement indépendant-e-s de leurs parents. Dès lors, cette extension et cette amélioration du salaire socialisé doivent bénéficier non seulement aux étudiant-e-s mais aussi aux chômeurs, aux retraité-e-s et à l'ensemble des salarié-e-s. Les moyens financiers à mobiliser sont loin d’être faramineux : instaurer ce salaire soumis comme tout salaire à des cotisations sociales de l’ordre de 40% du salaire total (salaire brut + cotisations sociales patronales) nécessiterait au maximum 80 milliards d’euros dont (32 milliards de salaire socialisé), soit à peu près 5% du PIB. Faut-il rappeler que depuis 20 ans, ce sont dix points de PIB qui ont été perdus par le salariat et qui finissent dorénavant dans les poches du grand capital ?