Soirée de soutien au Mayday
Soirée de soutien au réseau Mayday de ParisTWIST AROUND ZE PRECAIRES!
VENDREDI 2 JUIN 2004 à la CIP-IDF
au 14 quai de Charente Paris 19ème
(Métro Corentin Cariou)
Le réseau Mayday Paris vous invite à boire un verre, à échanger, à
concerter, à danser (et à contribuer selon vos moyens) afin de liquider le déficit
occasionné
par les dépenses imprévues de la manifestation/parade du 1er mai et les
procédures judiciaires (incarcération et procès de Federico et Nicola) qui
l'ont suivi.
Programme provisoire :
19H Apéro champètre (lecture et mauvaises rencontres)
21H Mico Nissim (jazz)
22H30 DJs de tous horizons jusqu'à tôt
http://www.mayday.fr.org
Chèque à l’ordre de l’AIP, adressé à « Mayday », 2 cité Aubry, 75020 Paris. Avec la
mention au dos du chèque « Soutien à Federico et Nicola ».
Federico et Nicola libérés ! Rdv au procès lundi 29 à 13H30.
| publié le 30 mai 2006 |
La 11éme chambre de la Cour d’appel de paris a prononcé son délibéré suite à
l’audience d’hier ce 24 mai : après 3 semaines de détention, Federico et NIcola sont
enfin libres. Le procés se déroulera Lundi 29 mai à 13H30 à la 23/2 chambre
correctionnelle, Palais de Justice, M° Cité. Soyons nombreux pour exiger avec eux
la relaxe pure et simple.
Les faits reprochés aux deux incarcérés (violences, dégradations) auraient, selon la
police, été commis par une trentaine d’auteurs. C’est plus de deux heures après ces
faits que la police interpelle un groupe de manifestants, composé essentiellement
d’italiens, quittant la place de la République à la fin du concert qui concluait la
manifestation/parade du May Day.
Parmi les interpellés, deux sont "reconnus" dans la rue après une séance d’essayage
de capuche et sweat-shirt organisée par les policiers et sont placés en garde à vue
avant passage en comparution immédiate.
Les "raisons" de la mise en détention, puis de son maintien jusqu’alors, sont autant
de stéréotypes qui mettent gravement en cause les droits des interpellés et par là
de tout justiciable : "les faits sont graves", le "trouble persistant à l’ordre
public" qui sont invoqués comme motifs de l’incarcération contredisent en effet la
présomption d’innocence dont chacun doit pouvoir se prévaloir face à la machine
judiciaire.
L’invocation du "trouble à l’ordre public" est parfaitement discrétionnaire (ce que
confirme l’importance de cette notion dans le contrôle de l’immigration par exemple,
avec la suppression du droit au séjour pour "trouble à l’ordre public", et bientôt
dans celui des naturalisés).
C’est en raison d’une discrimination de fait où transparaît la structure xénophobe
de la machine judiciaire, que les garanties de représentation présentées par la
défense de Fédérico et Nicola sont jugées insuffisantes pour la simple raison qu’il
s’agit de prévenus italiens dont l’état fait mine de ne pouvoir s’assurer la
présence au jugement qu’au moyen de la détention (malgré les conventions franco
italiennes, malgré la possibilité d’ordonner un contrôle judiciaire).
La procédure de comparution immédiate est elle aussi une entrave à la défense :
comment citer les témoins nécessaires ? comment visionner les vidéos policières
supposées incriminer Fédérico et Nicola ? Sous couvert de "délit flagrant",
l’audience entérine et redouble un montage policier : on interpelle à postèriori des
manifestants que l’on désigne comme "individus dangereux" alors même qu’aucune
enquête de personnalité, pourtant prévue par le code de procédure pénale, ne viendra
étayer (ou démentir) cette assertion qui elle aussi contribue à une présomption de
culpabilité parfaitement contraire aux principes du droit (l’audience du 4 mai sera
d’ailleurs l’occasion d’un déploiement policier massif, élément de mise en scéne là
aussi destiné à accréditer la thèse de la culpabilité).
Cette affaire s’inscrit dans un contexte de fortes tensions sociales : la révolte
des cités contre le mépris et la relégation en novembre dernier s’est soldée par un
nombre vertigineux d’interpellations puis de mise en détention, dont de très
nombreux mineurs ; la répression que subissent actuellement les opposants à la "loi
pour l’égalité des chances" est massive : 4 350 arrestations dont 1 985 gardes à vue
avec 637 procédures judiciaires (dont 271 comparutions immédiates) qui ont donné
lieu à 71 peines de prison ferme, 167 peines de sursis, travaux d’intérêt général ou
mises à l’épreuve, 188 mesures alternatives.
Contre ceux qui la subissent et/ou la contestent, la politique de précarisation
s’adjoint ainsi une politique pénale de criminalisation qui fait de
l’exceptionnalité un principe de fonctionnement. C’est comme des centaines d’autres
que Fédérico et Nicola sont transformés en boucs émissaires. D’un point de vue
juridique, seule la relaxe pure et simple est envisageable.
Au-delà de ces deux cas de détention arbitraire, nous exigeons l’amnistie des
condamnés de ces derniers mois et l’arrêt des poursuites à l’encontre de tous ceux
qui sont dans l’attente des procès à venir.
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