À Aubervilliers, l'Etat a trompé les mal-logés et les sans-papiers !

Publié le par SUD étudiant


RÉUNION DE SOUTIEN
LUNDI 15 MAI À 19 h
à la Bourse du Travail de Saint-Denis
9-11 rue Génin ­ Métro : Porte de Paris (ligne 13)


L'Etat a placé depuis plusieurs mois plus de 100 ménages expulsés sans
relogement ou menacés d'expulsion au Foyer de Jeunes Travailleurs
d'Aubervilliers, à la suite de luttes très dures, dans l'attente de leur
relogement et, pour certaines, de l'étude de leur situation administrative.
En effet, près de la moitié de ces ménages est sans-papiers, et l'Etat
s'était engagé à examiner leurs dossiers de régularisation sans délivrer ni
invitation à quitter le territoire (IQF), ni arrêté préfectoral de
reconduite à la frontière (APRF). Cette condition avait été un préalable
posé par les familles en lutte et le DAL pour sortir des crises provoquées
par les expulsions.

Aujourd'hui, l'Etat se lave les mains de sa responsabilité dans ce dossier
et revient sur ses engagements : une réunion d'information au FJT sur l'aide
au retour a été organisée par l'ANAEM (ex-OMI) jeudi 4 mai, et aujourd'hui,
vendredi 5 mai 2006, 10 IQF sont arrivées au FJT à destination des hébergés.
D'autres seraient à prévoir et des rumeurs d'intervention policière
commencent à circuler. Ces ménages, dont une grande partie de familles avec
enfants, vivent depuis ce matin dans la peur d'une intervention policière,
alors même qu'hier ils vivaient dans l'espoir d'une régularisation et d'un
relogement, que l'Etat leur faisait miroiter depuis des mois.

Double trahison : pour délivrer ces IQF, la Préfecture a utilisé des
informations collectées lors des négociations auprès des délégués des
hébergés, du DAL et des travailleurs sociaux missionnés par l'Etat sur ce
dossier.

Nous nous élevons contre cette pratique inadmissible de l'Etat qui trahit sa
promesse et utilise dans un but de répression des sans-papiers des
informations transmises lors de négociations par les habitants, le DAL et
les travailleurs sociaux en vue du relogement et de la régularisation. Dans
le contexte actuel de stigmatisation des immigrés, alors même que le projet
de loi instaurant une immigration jetable est en discussion à l'Assemblée
Nationale, nous ne pouvons tolérer que l'Etat nous utilise et utilise la
situation de très grande précarité dans laquelle se trouvent les
sans-papiers à des fins répressives et opportunistes, testant ainsi sur ces
familles ses " nouvelles " méthodes.

Pour exiger que l'Etat :
- tienne son engagement initial et retire sans délais les IQF
- s'engage à ce qu'aucune intervention policière n'ait lieu dans le foyer ou
à ses abords
- régularise l'ensemble de ces ménages et les reloge

Nous vous invitons à participer à la réunion qui se tiendra lundi 15 mai à
19h  à la Bourse du travail de Saint-Denis


Rappel des faits
A Aubervilliers, 35 ménages, expulsés sans relogement le 7 juin 2005 de la
cité des Prés-Clos, ont campé pendant 5 mois dans la rue à proximité de leur
immeuble. A la suite d'âpres négociations avec l'Etat, elles ont été placées
au FJT d'Aubervilliers, dans l'attente du relogement définitif promis par
l'Etat et la Mairie, qui se sont engagé en signant un protocole d'accord (6
octobre 2005). Parmi ces ménages, 15 devaient au préalable faire l'objet
d'une procédure de régularisation. L'Etat avait alors donné sa parole
qu'aucun sans-papier présent au FJT ne ferait l'objet d'une invitation à
quitter le territoire ( IQF) ou d'un arrêté  préfectoral de reconduite à la
frontière (APRF), préalable posé par les familles et le DAL pour lever le
campement et emménager au FJT.
A la suite de cette lutte extrêmement difficile, et alors que l'opinion
publique était sous le choc des incendies meurtriers de cet été, la
Préfecture de Seine-Saint-Denis a été contrainte de s'occuper d'un dossier
particulièrement sensible ayant fait l'objet de menaces d'incendie, le 96-98
bd Anatole France, immeuble insalubre de Saint-Denis appartenant à l'Etat
(DDE) dans lequel vivaient 220 personnes depuis 2001. Au vu de la résistance
organisée contre les expulsions à l'automne et du campement qui venait à
peine de se terminer, les habitants n'ont pas été expulsées mais ont été
déménagées au FJT après la signature d'un protocole d'accord (13/12/05)
inspiré de celui des familles des Prés-Clos. Les ménages en situation
régulière et les sans-papiers avec enfants se sont donc installé au FJT,
rejoignant ainsi les familles d'Aubervilliers et portant le nombre de
ménages hébergés à plus d'une centaine.

Un comité de pilotage réunissant l'Etat, les municipalités d'Aubervilliers
et de Saint-Denis, les délégués des familles et le DAL, ainsi que le FJT et
le GIP-Habitat et Interventions Sociales, missionné par l'Etat pour
effectuer une enquête sociale, s'est réuni régulièrement depuis la signature
de ces protocoles. Ces négociations ont permis à ce jour le relogement de
plus d'une trentaine de ménages. L'étude des dossiers de régularisation
avait commencé depuis plusieurs mois.

Association Droit Au Logement Paris & Environs
8 rue des Francs Bourgeois 75003 Paris
Tél. 01 42 78 22 00 / Fax 01 42 78 22 11
e-mail :
dal@globenet.org  - Site Internet :  http://globenet.org/dal/
Retrouvez-nous également un jeudi sur 2 sur 106.3 FM à Paris notre émission
de radio Sans Toit je meurs

Publicité

Publié dans Nanterre

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article