Vague européenne : solidarité avec le mouvement italien (rassemblement et pétition internationale)
NOUS NE PAYERONS PAS VOTRE CRISE !
Pour faire face à l’actuelle crise de ce système social bio-capitaliste, partout en Europe, les gouvernements nationaux ont choisi de fnancer, de nouveau, et par milliards d’euros publiques, les mêmes protagonistes de cette crise : les banques et leurs spéculateurs "créatifs", les grandes entreprises et leurs managers tout autant "créatifs" ; bref tous ceux qui ont, de façon "créative", mis en place ce monde du travail précaire, intermittent, atypique ; en d’autres mots, hyper-exploité. Dans ce contexte, les gouvernements cherchent à inclure le monde de l’éducation dans cette crise systémique, de l’école primaire jusqu’à l’université. Ils détruisent consciencieusement l’éducation publique, élément constitutif de toute société, en augmentant la privatisation sauvage des biens publiques, et tentent de capturer toute forme de culture et de formation.
Heureusement il existe une partie de la société qui ne croit pas en cette énième et pathétique tentative de sauver un système qui, au bord de la faillite, et depuis des années, s’afaisse dans ses contradictions. Dans la rue, dans les universités ou au boulot, une nécessité s’afrme : il faut un changement venant d’en bas, et qui corresponde à nos besoins réels.
En Italie, depuis deux mois, le monde de l’éducation est en révolte, et les facs construisent, jour après jour, une autre réforme du système universitaire ; le 12 décembre un raz-de-marée, l’onda anomala, va emporter le monde du travail dans son ensemble.
En Espagne, on ne compte plus le nombre de facs occupées, mobilisées contre le processus de Bologne.
En Grèce, la police répond au mouvement étudiant par la violence, en tirant et tuant froidement Alexandros, un jeune de 15 ans.
Une Europe entière est en train de se réunir dans la même direction : une opposition nette et totale à la rentabilisation des biens communs en tant que stratégie «inévitable» de stabilisation de la crise.
La vague européenne, sujet politique en devenir, et n’appartenant à aucun parti politique, a lancé pour le 12 décembre une mobilisation généralisée qui conteste les politiques gouvernementales atour de l’éducation (en France, l’autonomie des universités – LRU – et les nouveaux modes de recrutement des enseignants). Toutes ces politiques ont une matrice commune qui est le PROCESSUS DE BOLOGNE, et ses ajustements : un processus qui, par le biais d’une harmonisation des systèmes scolaires supérieurs, cherche à transformer le savoir en des biens quantifables en crédits européens (ECTS) et, surtout, utilisables dans une équation économique coûts/profts.
Ici, à Paris, la vague est composée d’étudiants, de chercheurs, de professeurs, italiens et français, qui veulent casser cette équation, en s’opposant à l’entrée de l’actionnariat privé dans l’université et ses conseils d’administration, et qui refusent la rentabilisation de la recherche et le contrôle qui en dérive.
Nous croyons à un savoir libre et indépendant, qui lise de façon critique et consciente le présent pour en créer d’autres, qui soient POSSIBLES et NÉCÉSSAIRES. C’est pour cette raison que nous appelons à un rassemblement, le 12 décembre, qui puisse réunir le monde de l’éducation et tou-te-s celles-ceux qui, comme nous, pensent qu’il est urgent d’agir, maintenant, en proftant de LEUR crise (là c’est notre tour !) pour repenser et changer cette société dans sa totalité.
Tou-te-s ensemble, nous pouvons arriver à proposer d’autres pratiques de formation si l’on se donne le temps d’une concertation entre celles-ceux qui vivent et traversent l’université chaque jour et celles-ceux qui, traversant d’autres lieux, sont elles-eux aussi producteurs de connaissance et de richesse.
Nous avons besoins de tou-te-s : des précaires qui, depuis des années, ont sur leurs épaules le poids quotidien de ne pas être reconnus dans leurs droits sociaux ; des travailleur-e-s à temps indéterminés qui peuvent dès demain perdre (ou ont déjà perdu) leur boulot parce que les coupes salariales sont le «seul» moyen de maintenir le système ; des sans-papiers qui dans ce climat de rafes ont peur de mener leurs enfants à l’école.
Pour déborder tou-te-s ensemble..
VENDREDI 12 DECEMBRE 2008
Centre Pompidou
16h30
RASSEMBLEMENT CRÉATIF CONTRE LES GALÈRES QU’ON NOUS IMPOSE PARCE-QUE LES SAVOIRS SONT PUISSANTS ET N’APPARTIENNENT À PERSONNE.
les étudiants et salariés des universités italiennes se préparent pour la grève générale de vendredi prochain http://www.uniriot.org/ . Ils luttent depuis plus d’un mois contre le processus de désengagement de l’Etat dans les politiques éducatives. Leur combat est le notre,et afin de leur montrer notre solidarité nous avons lancé un appel qui reprend leur mot d’ordre "nous ne payerons pas votre crise" signé par un groupe d’enseignants et de jeunes chercheurs européens qui se sentent concernés par cette lutte. La fédération SUD étudiant héberge une pétition internationale de solidarité (rédigée en français, en anglais et en italien) avec le mouvement italien. Montrez votre solidarité avec les salariés et étudiants en lutte d’Europe en la signant et en la connaître a votre entourage.
http://www.sud-etudiant.org/article...
« Nous ne payerons pas votre crise ! » Pour un mouvement social européen.
« Nous ne payerons pas votre crise » c’est le slogan qui depuis maintenant plus d’un mois résonne dans toute l’Italie. La vague de contestation grandit, ils étaient plus de 300 000 le 14 novembre à Rome à reprendre ce mot d’ordre qui interpelle, au-delà des frontières, nos dirigeants. Ils sont des milliers, étudiants, enseignants et parents d’élèves à réfléchir et agir collectivement pour un autre système d’éducation. Ils appellent dès maintenant à la grève le 12 décembre.
« Nous ne payerons pas votre crise » c’est notre cri de révolte :
C’est le cri de celles et ceux qui, en Italie, en Allemagne, en Espagne et en France, ne veulent pas que l’éducation devienne une marchandise et qui refusent de voir leur avenir et celui de leurs enfants sacrifié par la casse des services publics, la seule richesse de ceux qui n’ont rien.
C’est aussi celui des travailleurs qui refusent les licenciements massifs et les délocalisations et qui luttent au jour le jour pour préserver leurs droits menacés par la loi des profits. C’est le cri de révolte de celles et ceux qui, parce que leurs salaires et leurs protections sociales ont été amputés par trente ans de politiques néolibérales, se sont endettés et payent au quotidien, dans la misère et la précarité, les choix égoïstes de nos dirigeants politiques et économiques.
C’est celui des migrants victimes du racisme institutionnalisé qui refusent la criminalisation parce qu’ils cherchent, au cœur des métropoles occidentales, une vie meilleure.
C’est celui de toutes celles et tous ceux qui refusent que leurs droits soient soumis à la raison du plus fort capitaliste.
« Nous ne payerons pas votre crise » c’est la mise en garde de celles et ceux qui depuis décembre 1995, des entreprises occupées aux banlieues, revendiquent l’égalité et le respect en France ; qui depuis 2003 en Allemagne se mobilisent contre le chômage et les exclusions... C’est la mise en garde qui aujourd’hui, en Italie, en Espagne, en Allemagne tonne aux oreilles des puissants.
« Nous ne payerons pas votre crise » c’est aussi une autre manière de dire que nous ne voulons plus subir ces politiques qui veulent nous sacrifier sur l’autel des profits. C’est notre façon de poser la question de l’égalité effective de droits de tous, hommes et femmes, nationaux et immigrés, travailleurs salariés ou privés d’emploi, citadins et ruraux.
C’est enfin le cri d’avenir de toute une génération qui se lève et décide de combattre, au niveau international, un système économique qui aujourd’hui prouve sa faillite. Ces hommes et ces femmes qui ne se satisfont pas de la soumission aux lois du marché, qui relèvent le défi de la mondialisation et qui veulent y apporter une réponse globale.
Oui, un autre monde est possible et nous l’inventerons, parce que c’est maintenant devenu une nécessité !
Par cette pétition nous appelons à la solidarité internationale avec les étudiants et travailleurs de l’éducation italiens en lutte contre le décret Gelmini et la loi 133. Nous appelons à la solidarité européenne contre la casse des services publics d’éducation, cible symbolique des politiques néolibérales qui visent à substituer, dans nos têtes, la logique du marché à la logique de l’égalité et de la solidarité. Nous affirmons nous aussi aux dirigeants internationaux que nous ferons tout pour ne pas payer les conséquences de leurs politiques irresponsables et néfastes. Nous appelons à l’organisation de la solidarité internationale en nous préparant à manifester notre solidarité avec le mouvement italien le 12 décembre prochain et en jetant des ponts aux delà des frontières afin de construire un véritable mouvement social européen.
Non, nous ne payerons pas votre crise !
cette initiative est à l’initiative d’étudiants et de jeunes chercheurs français et italiens, elle vise dans un premier temps a affirmer notre solidarité avec les mouvements européens en cours puis d’organiser, à plus long terme, des collaborations internationales en matière de défense des services publics d’éducation.