Naissance dun syndicalisme étudiant 1946 : La charte de Grenoble
Collection "Germe"
Coordinateur: Morder Robi Peu connue du grand public, la charte de Grenoble est une référence majeure pour des millions de jeunes qui sont passés par le syndicalisme étudiant. Quelle est la part du mythe ? Comment a-t-elle été élaborée ? Ce syndicalisme naissant est-il nouveauté ou réinvention ? Autant de questions auxquelles des chercheurs et des acteurs de l'époque essayent de répondre dans cet ouvrage, illustré par des documents d'époque. Parmi les contributeurs, on citera les noms de Didier Fischer, notamment l'auteur de L'histoire des étudiants de France, et du Mythe Pétain, Jean-Philippe Legois, président du Conservatoire des mémoires étudiantes, Jean-Paul Molinari, sociologue à l'Université de Nantes, Alain Monchablon, professeur agrégé d'histoire en classes préparatoires, Jean-Yves Sabot, docteur en sciences politiques et parmi les témoins, anciens dirigeants étudiants, Pierre Rostini, vice-président de l'UNEF de 1944 à 1946, Paul Bouchet, conseiller d'Etat et président d'ATD Quart-Monde, Mohamed Harbi, dirigeant fédération de France du FLN, Robert Chapuis, Jacques Delpy Jean-Jacques Hocquart, Pierre Louis Marger et Jacques Kergoat. Table des matières Avertissement 1946 Naissance ou refondation ? Robi Morder Grenoble 1946 Le monde étudiant à la Libération, Didier Fischer 1946 : le congrès de la charte de Grenoble, Alain Monchablon Charte de Grenoble et syndicalisme, Jean-Yves Sabot La transition,Pierre Rostini La charte de Grenoble : texte et contexte, Paul Bouchet Trois témoignages Documents Congrès extraordinaire de l’UNEF (12-16 novembre 1944) Union patriotique des organisations étudiantes Décret du 16 mai 1945 (« Délégués Capitant ») La charte de Grenoble Les délégués au congrès de Grenoble Congrès de Grenoble : effectifs annoncés Commission des affaires de la France d’outre-mer LUNEF et la guerre d’Algérie L’UNEF et la guerre d’Algérie : le cas de l’AGE de Grenoble, Jean-Yves Sabot 1961-1962 : le tournant ?, Dominique Wallon Les étudiants chrétiens et le changement de majorité dans l’UNEF, Robert Chapuis Les étudiants, l’armée et le service militaire, Pierre-Louis Marger Témoignages et points de vue en question, Mohamed Harbi, Pierre-Yves Cossé, Jean-Jacques Hocquard, Michel Mousel, Jacques Delpy, Jacques Kergoat, Robert Chapuis, Dominique Wallon, Pierre-Louis Marger, Jean-Yves Sabot Documents Documents sur la question coloniale Communiqué commun UNEF-UGEMA Evolutions du milieu étudiant, des revendications et de la représentation collective L’UNEF et le syndicalisme étudiant dans les années 1960, Didier Fischer Années 1960 : vers un syndicalisme étudiant révolutionnaire?, Jean-Philippe Legois Trois témoignages, Michel Mousel, Jean-Jacques Hocquard, Roger Barralis 1985-1995 : dix ans de mouvements étudiants, Jean-Paul Molinari D’un seul syndicat représentant la « classe étudiante » à la pluralité des représentations, Robi Morder Postscriptum, Robi Morder Documents Effectifs étudiants selon les grandes disciplines Présidents de l’UNEF : 1944-1968 Repères chronologiques Sigles et mouvements Notes Repères bibliographiques Index
Parution : avril 2006
Pages : 326 pages
Format : 130 x 210
ISBN : 2-84950-100-X
Après la Libération une génération d'étudiants résistants investit la « vieille maison » d'une mission syndicale. Tout comme 40 ans auparavant la CGT avait adopté la charte d'Amiens, c'est à Grenoble que les délégués des étudiants de France, en avril 1946, votent la Charte de Grenoble, marquant la naissance d'un nouveau syndicalisme étudiant, qui définit l'étudiant comme un jeune travailleur intellectuel, ayant des « droits et devoirs ». C'est au nom de la charte qu'a été obtenue la Sécurité sociale étudiante, revendiqué un « présalaire » étudiant (ou allocation d'études), et qu'en 1956 l'UNEF s'est impliquée au fur et à mesure contre la politique algérienne du gouvernement français.
Les étudiants sont à peine 100 000 à la Libération. Il est vrai qu'aujourd'hui le chiffre de deux millions est bien dépassé. Près de quatre fois plus que les agriculteurs, mais le nombre n'explique pas tout. Depuis 1947, ces jeunes ont marqué à plusieurs reprises la vie politique de la France : opposition à la guerre d'Algérie, Mai 68, mouvement contre la réforme Devaquet… Au-delà de ces mobilisations ponctuelles, les étudiants s'organisent en acteur collectif, en « mouvement » dans de nombreuses sphères qui, parfois s'entremêlent : syndicale, associative, politique, confessionnelle, mutualiste, culturelle, sportive. La charte de Grenoble est une page essentielle de l’histoire du syndicalisme étudiant. Le renouveau d’intérêt pour l’histoire de l’après-guerre rejoint ici celui la nouvelle recherche historique sur les mouvements étudiants.