refusons les réformes libérales

Publié le par fédération sud étudiant

refusons les réformes libérales 

Dans sa course effrénée pour réduire à néant toute trace de service public dans le paysage , le gouver-nement n’oublie rien ni personne : après les retraites, les intermittent-es, la sécurité sociale, EDF-GDF, la poste, les chômeurs/euses, le gouvernement s’attaque aujourd’hui aux 35H, remet une couche de libéralisme à l’enseignement supérieur et privatise la recherche publique avec la loi sur la recherche tout en s’attelant à la mise à mort de l’éducation primaire et secondaire avec le projet de loi Fillon.

Malgré les nombreuses mobilisations, le gouverne-ment reste imperturbable et continue son oeuvre de destruction méthodique de nos acquis sociaux sans se soucier notre avis.

Vous avez dit LOPRI ?
-  La dernière trouvaille du gouverne-ment, la Loi d’Orientation et de Pro-grammation pour la Recherche et l’Innovation (LOPRI), est une véri-table insulte au monde de la recher-che et de l’enseignement supérieur. En effet, celle-ci va à l’encontre de toute les demandes des états gé-néraux de la recherche de Grenoble et n’est qu’une nouvelle application des préceptes libéraux : rentabilité, productivité, compétitivité. En outre, elle réintroduit subrepticement la question de l’autonomie des univer-sités et toutes ses conséquences.

Quand Fillon ne rime pas avec Education
-  La loi Fillon sur l’Ecole, censée être issue d’une large consultation, le “Grand débat sur l’école” (qui ne fut qu’une mascarade), pose claire-ment les bases d’une école à deux vitesses, élitiste et soumise aux lois du patronat. Elle met en oeuvre les mêmes mécanismes que le LMD : diplômes au rabais, orientation pré-coce, etc

Des remises en cause de nos droits en permanence
-  Fin des 35H, précarisation, priva-tisation et destruction de ce qui ne sera bientôt plus q’un souvenir de service public, c’est bel et bien l’ensemble de la société qui est visé par les attaques libérales, et les couches les plus précaires de la société le sont en premier. Toutes ces mesures participent d’une véritable précarisation de la société, cassant tout lien social, pour une société où l’individualisme sera roi et la notion même de soli-darité jetée aux oubliettes.

Revenir aux luttes ! ! !
-  Nous ne pouvons plus rester les bras croisés et attendre qu’une énième loi vienne parachever ce triste bilan, c’est dès maintenant qu’il nous faut descendre dans la rue, exprimer notre refus to-tal de ces politiques, et imposer d’autres choix, une autre univer-sité, une autre école, une autre société ! !

Loi sur la recherche : NE LAISSONS PAS PASSER CETTE saLOPRIe ! !

Petite histoire du mouvement sur la recherche :

Il y a un an, le petit monde de la re-cherche s’était soudainement réveillé en sursaut, s’apercevant qu’il al-lait mal, très mal et qu’il fallait faire quelque chose. Ce fut la naissance du mouvement « Sauvons la recherche » qui déboucha sur la tenue d’états généraux de la recherche, avec des réunions un peu partout en France et qui s’est fini à Grenoble à la fin de l’année 2004. Le Gouvernement avait alors promis aux chercheurs/euses de tout faire pour les satisfaire. Début Janvier, une fuite du ministère de l’éducation nationale révèle un projet de Loi d’Orientation et de Programma-tion pour la Recherche et L’Innovation qui fait grand bruit tant le mépris pour les états généraux et pour les reven-dications de la recherche est affiché ! Ce projet peut être défini en quelques mots : compétitivité, excellence, rentabilité, soumission aux intérêts privés.

L’université du pauvre, le PRES du riche.

Ce projet de loi annonce la création de PRES (Pôle de re-cherche et d’enseignement supérieur) qui font échos aux pôles d’excellence que nous avions combattus et fait rejeter en 2003. Pour qu’une université fonde un PRES avec une autre université ou un organisme de recherche, il faut qu’elle se spécialise sur un domaine ou une thématique, quitte à rayer de sa carte des filières. Les universités auront alors 2 “choix” :
-  devenir des lieux de formation, pauvres, sans lien avec la recher-che, une sorte de grand lycée, où nous serons orientés-es vers des cursus courts et professionnels.
-  continuer à faire de la recher-che, en se spécialisant sur une ou quelques thématiques pour pouvoir intégrer un PRES et en axant sa recherche vers des finalités économiques immédiates.

En effet, il est dit que les crédits de l’Agence Nationale pour la Re-cherche iront en priorité à des pro-jets de recherche menés dans le cadre des PRES, sous condition de critères de rentabilité économique et de partenariats avec des entre-prises. De même, alors que les propres chiffres du ministère indiquent un manque 16 000 enseignant-es chercheur-ses, il n’en créera que 2500 en 5 ans et en priorité dans les PRES. Par ailleurs, la précarité augmentera puisque désormais des postes en CDD seront fa-vorisés et que l’augmentation d’allocations de thèse pour les doc-torant-es est dérisoire (1000 pour >40 000 non financées)

L’asservissement de la recherche publique à des fins commerciales immédiates !

Le choix du gouvernement est clair et explicite : « associer étroitement les entreprises à la définition des agendas de recherche ». Ainsi le Haut Conseil pour la Recherche et l’Innovation qui décidera des orientations sera composé à 50% d’experts économiques et de pa-trons. Il en sera de même pour l’Agence Nationale pour la Recher-che. Dans ce cadre, les disciplines non rentables n’auront plus lieu d’être (maths pures, une partie de la biologie et surtout les sciences humaines et sociales). De plus, les entreprises pour-ront bénéficier de crédits d’impôts, ou verser directement leurs “impôts” à des laboratoires ou à des chercheurs/euses... Alors que la recherche publique devrait être une recherche non soumise à des intérêts privés et sans nécessaire finalité ponctuelle (les recherches d’hier permettent les progrès actuels dans notre so-ciété), cette loi réduit considérable-ment les champs d’investigation possibles et les contraints à de fortes rentabilités immédiates.

Une sélection renforcée à l’université

La nouvelle organisation autour des PRES implique une fracture entre les universités/licences et les universités/PRES (avec master et doctorats). Ceci implique des con-séquences graves :
-  l’enseignement de licence n’est plus obligatoirement adossé à la recherche
-  les moyens humains et matériels seront concentrés sur les filières d’excellence). Il est donc à crain-dre que les licences soient conçues comme licences « terminales » et/ou que la sélection s’accroisse pour l’entrée en master.
-  les universités étant obligées de se spécialiser sur un domaine ou sur des thématiques, des filières disparaîtront des universités et/ou seront concentrées sur un seul lieu. Bien entendu le ministère n’a pas prévu de favoriser la mobilité en augmentant les bourses ni même en créant un salaire social étudi-ant pour nous aider ! !

Coups de boutoir contre l’université publique

En 2003, nos mobilisations ont dénoncé la mise en place du LMD et permis de rejeter la loi dite d’autonomie des univer-sités mais avec par deux biais, la nouvelle réorganisation autour de PRES et de leur thématique de recherche ainsi que la LOLF pour les IUT.

Comment l’autonomie revient par la petite porte de la LOPRI
-  Par la disparition totale des diplômes nationaux puisque chaque université et chaque PRES devra se spécialiser dans un parcours de formation ou une théma-tique. Ainsi chaque université et chaque PRES délivreront leur propre diplôme.
-  De plus les Universités auront dorénavant un budget global leur permet tant de gérer elles-mêmes leur recrutement et l’affectation des masses budgétaires. Concrète-ment, chaque université gèrera son budget comme elle le veut : ainsi elle peut n’embaucher que des précaires, supprimer telle filière ou tel laboratoire pour faire des économies, voire aug-menter les frais d’inscription..., sans subir de conséquences.

Attaque massive sur les IUT La LOLF, Loi d’Organique des Lois de Finances, par des mesures dites techniques change complètement la donne. La globalisation des budgets (fusion des budgets salaires et fonctionnement) permet de supprimer des postes au profit du fonctionnement,...et surtout pas l’inverse : et hop, un prof en moins pour payer le chauffage... En plus d’obliger budgétairement à diminuer le nombre de postes, la LOLF a des conséquences graves sur les emplois. Ils se-ront gérés à un niveau local : les personnes recrutées le seront par les chefs d’établissement sans avoir la garantie d’un em-ploi stable ni même celle d’enseigner dans leur matière. A quand le prof d’informatique enseignant la co-mmunication ?

Cerise sur le gâteau : un budget fonction des “performances” : Alors qu’aujourd’hui les som-mes versées par l’Etat sont fonction du nombre d’étudiant-es, des filières,... la LOLF impose de nouveaux critères basés sur l’efficacité et sur de nombreux “indicateurs” (ex : Taux d’insertion dans le monde du travail). Ainsi, l’existence des IUT et la qualité des ensei-gnements dispensés seront de plus en plus inféodés aux exi-gences des pôles d’“excellence” de l’économie locale.

Attaques à répétition contre l’éducation, NON à la loi Fillon ! !

Dans le secondaire, Fillon dans son projet organise une refonte totale de l’éducation qui ressemble étrangement à ce que l’université est en train de subir avec le LMD et la LOPRI.

Formation et formatage : tout pour l’entreprise Outre la mise en place dès la troisième, d’une option professionnelle de découverte de l’entreprise, cette réforme vise clairement à faire de l’école non pas un lieu d’ouverture d’esprit et d’éveil critique, mais bel et bien une usine à former de futur-es travailleurs/euses dociles et soumis-es. La mise en place du socle de connaissance en est un exemple frappant : Celui-ci ne contiendra plus que l’apprentissage du français (savoir lire et écrire), des mathématiques (savoir compter), d’une culture permettant l’exercice de la citoyenneté (savoir voter), la pratique d’une langue (connaître l’anglais) et la maîtrise de l’informatique et de la communication (savoir cliquer avec une souris). Disparus l’histoire géographie, la philosophie, les arts, le sport, les sciences... L’esprit critique est définitivement mis de côté : il n’est pas rentable.

Une éducation à deux vitesses Ces changement de structures s’accompagneront de la mise en place du contrôle continu pour les options, ce qui est clairement la fin du cadre national du diplôme, et l’ouverture d’une rude concurrence entre lycées pour avoir le meilleurs bac, c’est à dire celui qui aura le plus d’options. Tant pis pour les lycées laissés à l’abandon, faute de moyens, et dommage pour les lycéen-nes qui passeront par ceux-ci. Les étudiant-es d’aujourd’hui seront les profs de demain et seront confronté-es à cette nouvelle loi, aux suppressions massives de postes et à une précarité de l’emploi de plus en plus grande.

Etudiant-es,lycéen-nes,enseignant-es chercheur-ses et IATOSS, mobilisons nous contre la casse du service public d’éducation ! !
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Publié dans Nanterre

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