collectif des doctorants
Les doctorants de Nanterre ont décidé de distribuer ce tract lors de la manifestation de la SLR le 28 février 2006, qui protestée contre le vote de la loi sur la recherche. Ils pensent que la défense des demi-postes d’ATER s’inscrit notamment dans la défense de la recherche.
Doctorants en fin de thèse ou jeunes docteurs prétendant à l’obtention d’un poste d’enseignant permanent (70% des Maîtres de conférence sont recrutés parmi les ATER), les ATER assurent une partie des enseignements et des recherches au sein de l’Université. Selon les chiffres de l’enquête du Ministère (mars 2005), les ATER représentaient 50% des enseignants contractuels. 74% d’entre eux exerçaient à mi-temps en raison de leur charge de recherche et/ou de préparation de concours d’enseignement. La gestion financière décentralisée conduit à la suppression des postes d’ATER à mi-temps. Alors que la Recherche est censée être mise au sommet des priorités gouvernementales, ce changement de politique menace dangereusement :
La charge d’enseignement pour les ATER s’en trouvera doublée : 10 groupes de travaux dirigés, soit 110 séances, 350 étudiants en moyenne, plus de 1000 copies à corriger, le double de surveillances d’examen, temps de préparation, etc... Ces charges trop lourdes ne peuvent que nuire fortement à la qualité de l’enseignement qui nécessite une préparation sérieuse des séances, une correction attentive des copies et l’entretien d’un lien de proximité du chargé de TD avec les étudiants.
La dégradation de ces conditions de travail entraînera la baisse du nombre et de la qualité des thèses soutenues, l’allongement de la durée des recherches, la diminution des publications, l’étranglement des travaux collectifs, interuniversitaires, européens et internationaux... ; donc un cloisonnement en contradiction avec la politique de mobilité et de partenariat prônée par le Ministère et, à terme, un affaiblissement de la Recherche française.
La suppression des postes d’ATER à mi-temps n’est même pas un choix économiquement efficace. D’une part, la suppression des mi-temps réduisant d’autant le nombre de postes disponibles, les doctorants et jeunes docteurs laissés sur le carreau seront au chômage, dont l’indemnisation a également été transférée sur le budget des Universités. D’autre part, compte tenu de la fixation d’objectifs quantifiés, la diminution du nombre et de la qualité des travaux aura pour effet de légitimer une nouvelle réduction de la dotation des Universités