Le président de Paris X-Nanterre demande à Villepin de "suspendre" le CPE
Le président de Paris X-Nanterre (34.000 étudiants), Olivier Audéoud, a demandé samedi dans une lettre ouverte à Dominique de Villepin de "suspendre le Contrat première embauche" car "les tensions sont extrêmement vives entre étudiants pro et anti blocage".
"Je vous demande solennellement de suspendre le CPE et d'engager des discussions avec toutes les organisations professionnelles et étudiantes concernées", a écrit M. Audéoud au Premier ministre dans sa lettre dont copie a été transmise à l'AFP. Il rappelle que, "depuis trois semaines", une "grande partie des étudiants est privée des enseignements auxquels elle a droit".
"La majorité des étudiants, personnels administratifs et enseignants de mon établissement est contre le CPE mais le degré de dangerosité est important, j'ai eu deux blessés hier (vendredi), la tension est extrêmement vive entre étudiants pro et anti blocage", a expliqué à l'AFP le président de la troisième plus grande université de France.
Selon lui, le service de sécurité est intervenu 15 fois mardi et 50 fois jeudi.
Deux motions successives condamnant le CPE et soutenant le mouvement étudiant ont été votées à l'unanimité en conseil d'administration, a-t-il rappelé dans sa lettre.
Mais "une majorité des usagers" de la fac est "de plus en plus exaspérée à la fois par votre refus du dialogue et par l'impossibilité de suivre les formations", affirme-t-il.
M. Audéoud a décidé de lancer une consultation auprès des étudiants, à bulletins secrets, pour s'exprimer sur le blocage de l'université "sans préjuger de leur opinion sur le CPE et de leur participation au mouvement de contestation".
En réponse à Gilles de Robien qui a sèchement rappelé samedi au président de l'université de Nantes - qui a également demandé la suspension du CPE - de faire "son devoir" et de "s'assurer que les cours ont lieu", le président de Paris X s'est dit "fort surpris d'entendre depuis quinze jours : +débrouillez-vous+".
"Je ne suis pas sûr que certains aient bien compris ce qui se passe vraiment sur le terrain", a-t-il commenté.