NON A LA SUPPRESSION DE FAIT DU CNRS !

Publié le par SUD étudiant


Le CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) se trouve menacé de disparition à brève échéance par la « réforme » que le gouvernement cherche à imposer sans aucun débat ni concertation. Valérie Pécresse annonce, directement dans les médias, des « décisions » sur lesquelles les personnels de la recherche n’avaient pas été consultés, et qui n’ont été précédées d’aucune délibération d’instances statutaires. Notamment, la division du CNRS en huit instituts plus deux directions, ces dernières associées à des domaines (Sciences du Vivant et Informatique) dont la survie au CNRS apparaît mise en cause. La ministre ne fait plus mention d’une direction générale, et déclare : « Quant aux moyens affectés au CNRS, un directoire collégial, composé des directeurs des différents instituts et directions, décidera de leur répartition » . Parmi ces « moyens » se trouvent, pour une partie importante, les traitements des personnels. Il est urgent de se mobiliser pour empêcher la disparition de fait du CNRS et la fin de la stabilité d’emploi dans la recherche.

 

D’après Le Monde, les « décisions » de Valérie Pécresse devraient faire l’objet le 22 mai d’une délibération du Conseil d’administration du CNRS. Mais cette instance n’a pas disposé de temps matériel pour les examiner. L’administrateur du CNRS Jacques Fossey fait savoir que la réorganisation du CNRS n’était pas inscrite à l’ordre du jour de la réunion du 22 mai. Les personnels n’ont pas été mis à même d’en débattre dans les laboratoires.

Dans ces conditions, le Conseil d’administration du CNRS doit refuser de délibérer, le 22 mai, sur les « décisions » annoncées par la ministre. De toute façon, s’agissant de « décisions » déjà prises, pourquoi consulter des instances statutaires ?

La « fédération d’instituts », expression du journaliste Pierre Le Hir que Valérie Pécresse n’a pas désavouée, constitue de toute évidence une étape de transition vers le remplacement du CNRS par un ensemble d’agences dont les personnels de recherche seront transférés aux universités. A leur tour, ces agences ne survivront pas longtemps et leurs moyens seront partagés entre les universités et l’Union Européenne qui héritera de leurs missions et structures avec l’entrée en application du Traité de Lisbonne. Voir nos articles précédents sur le blog :

http://science21.blogs.courrierinternational.com

 

Communiqué intersyndical :

http://www.sncs.fr/article.php3?id_article=1227

Communiqué de presse de l’intersyndicale Enseignement Supérieur Recherche : NON au démantèlement du CNRS

Alors que le gouvernement avait annoncé une « concertation » jusqu’au CA du CNRS du 19 Juin, les universitaires, les organisations soussignées ont appris par « Le Monde » daté du 21 mai la réforme du CNRS. Valérie Pécresse y présente le découpage en six nouveaux instituts nationaux (mathématiques, physique, chimie, sciences de l’ingénieur, sciences humaines et sociales, écologie et biodiversité), soit huit instituts au total, dont sont exclues les sciences de la vie (coordonnées par l’Inserm) et l’informatique (pilotée conjointement avec l’INRIA). C’est la disparition, de fait, du CNRS, organisme internationalement reconnu ! Cela affaiblirait l’ensemble de la recherche, permettant au gouvernement d’assurer seul le pilotage du système de recherche et d’enseignement supérieur.

Alors que le Gouvernement a été mis en garde contre le danger qu’il y aurait à démanteler les organismes de recherche, que la communauté universitaire et scientifique s’est mobilisée le 15 Mai dans les manifestations pour la défense du service public, le gouvernement veut passer en force en annonçant dès aujourd’hui ses décisions.

Ce projet de démantèlement, qui appelle celui d’autres organismes comme l’INRA, l’IRD, le CEMAGREF ou le CEA, forcément touchés par cette décomposition/recomposition du CNRS et de l’INSERM, est inacceptable !

Les organisations signataires appellent la communauté universitaire et scientifique à exprimer son opposition à ce projet. D’ores et déjà, elles appellent les personnels et les étudiants à organiser des Assemblées Générales dans tous les établissements, à intervenir auprès des pouvoirs politiques et des parlementaires, et à participer aux rassemblements et manifestations en régions et à Paris, et en premier lieu à la manifestation du 27 mai.

FSU : SNCS - SNESUP- SNASUB - SNEP - SNETAP
CGT : SNTRS - FERC Sup - CGT-INRA

SLU - SLR
UNSA : SUP recherche - SNPTES - A&I

FO
Solidaires : SUD Recherche - EPST
CFDT : SGEN CFDT Recherche-EPST - CFDT-CEA
UNEF

Pour ceux qui le souhaitent, les manifestations connues sont les suivantes :
- Jeudi 22 mai devant le CA du CNRS (10h au siège du CNRS)
- mardi 27 Mai « Academic Pride - la marche de tous les savoirs » dans toutes les villes de France. A Paris, le départ aura lieu devant la Maison des Sciences de l’Homme (14h) pour se rendre à Jussieu.

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