L'Assemblée vote l'amendement créant le CPE
L'Assemblée vote l'amendement créant le CPE
jeudi 09 février 2006 (Reuters - 06:51)
par Emile Picy
PARIS - A l'issue de longs débats, les députés ont adopté dans la nuit
de mercredi à jeudi par 51 voix (UMP) contre 23 (PS-PCR-UDF-Verts)
l'amendement gouvernemental qui crée, dans le cadre du projet de loi
sur l'égalité des chances, le "contrat première embauche" (CPE).
Seul le groupe UMP, qui dispose à lui seul de la majorité absolue, a
voté pour l'amendement. Les groupes PS, PCR et UDF, qui estiment que
ce nouveau contrat va "institutionnaliser la précarité des jeunes",
ont voté contre.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, a estimé que le
vote de cet amendement était "un acte législatif particulièrement
grave". "C'est une loi pour faciliter le licenciement", a-t-il
déclaré.
"Vous voulez institutionnaliser la précarité des jeunes" a accusé pour
sa part Daniel Paul (PCR). "C'est une loi de régression", a-t-il
ajouté. "Le CPE est un contrat précaire, il ne règlera rien. C'est une
mauvaise réponse", a déclaré quant à lui Francis Vercamer (UDF).
"Les mesures proposées par le gouvernement vont toutes dans le sens de
sortir les jeunes de la précarité", a affirmé Alain Joyandet (UMP).
"C'est un plus pour l'avenir des jeunes."
"Nous construisons un nouveau compromis social entre les réalités d'un
monde économique qui a besoin de fluidité, de besoin de sécurisation
des parcours professionnels. Le CPE apporte sa pierre dans la bataille
pour l'emploi", a déclaré Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi.
Auparavant, l'Assemblée avait rejeté quelque 80 sous-amendements
déposés sur cet amendement par l'opposition de gauche et l'UDF.
ENCORE 27 ARTICLES
Le CPE est un contrat à durée indéterminée (CDI) destiné aux jeunes de
moins de 26 ans. Il est assorti d'une période d'essai de deux ans au
cours de laquelle l'employeur peut licencier sans motif avec un
préavis de quinze jours.
Le CPE est vivement dénoncé par la gauche, l'UDF, les syndicats et
plusieurs organisations de lycéens et d'étudiants. Plusieurs dizaines
de milliers de personnes ont manifesté mardi à travers la France pour
demander son retrait.
L'examen du projet de loi sur l'égalité des chances se poursuivra
jeudi. La Conférence des présidents a ouvert mardi matin de nouvelles
séances jusqu'au week-end, inclus, afin que le débat puisse aller
jusqu'à son terme.
Seuls trois articles ont été adoptés jusqu'ici sur la trentaine que
compte le texte. Il reste 378 amendements à examiner.
Le Parlement suspendant ses travaux la semaine prochaine à l'occasion
des vacances d'hiver, les députés se prononceront sur l'ensemble du
texte le mardi 21 février, le Sénat devant l'examiner à son tour à
partir du 28 février.
A moins que le gouvernement ne décide, si l'opposition devait
continuer sa "guérilla" parlementaire, de recourir au "49-3", une
procédure qui permet d'abréger les débats et de faire adopter un texte
sans vote.
L'opposition a d'ores et déjà annoncé que, dans ce cas, elle
répliquerait par le dépôt d'une motion de censure.
jeudi 09 février 2006 (Reuters - 06:51)
par Emile Picy
PARIS - A l'issue de longs débats, les députés ont adopté dans la nuit
de mercredi à jeudi par 51 voix (UMP) contre 23 (PS-PCR-UDF-Verts)
l'amendement gouvernemental qui crée, dans le cadre du projet de loi
sur l'égalité des chances, le "contrat première embauche" (CPE).
Seul le groupe UMP, qui dispose à lui seul de la majorité absolue, a
voté pour l'amendement. Les groupes PS, PCR et UDF, qui estiment que
ce nouveau contrat va "institutionnaliser la précarité des jeunes",
ont voté contre.
Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, a estimé que le
vote de cet amendement était "un acte législatif particulièrement
grave". "C'est une loi pour faciliter le licenciement", a-t-il
déclaré.
"Vous voulez institutionnaliser la précarité des jeunes" a accusé pour
sa part Daniel Paul (PCR). "C'est une loi de régression", a-t-il
ajouté. "Le CPE est un contrat précaire, il ne règlera rien. C'est une
mauvaise réponse", a déclaré quant à lui Francis Vercamer (UDF).
"Les mesures proposées par le gouvernement vont toutes dans le sens de
sortir les jeunes de la précarité", a affirmé Alain Joyandet (UMP).
"C'est un plus pour l'avenir des jeunes."
"Nous construisons un nouveau compromis social entre les réalités d'un
monde économique qui a besoin de fluidité, de besoin de sécurisation
des parcours professionnels. Le CPE apporte sa pierre dans la bataille
pour l'emploi", a déclaré Gérard Larcher, ministre délégué à l'Emploi.
Auparavant, l'Assemblée avait rejeté quelque 80 sous-amendements
déposés sur cet amendement par l'opposition de gauche et l'UDF.
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Le CPE est un contrat à durée indéterminée (CDI) destiné aux jeunes de
moins de 26 ans. Il est assorti d'une période d'essai de deux ans au
cours de laquelle l'employeur peut licencier sans motif avec un
préavis de quinze jours.
Le CPE est vivement dénoncé par la gauche, l'UDF, les syndicats et
plusieurs organisations de lycéens et d'étudiants. Plusieurs dizaines
de milliers de personnes ont manifesté mardi à travers la France pour
demander son retrait.
L'examen du projet de loi sur l'égalité des chances se poursuivra
jeudi. La Conférence des présidents a ouvert mardi matin de nouvelles
séances jusqu'au week-end, inclus, afin que le débat puisse aller
jusqu'à son terme.
Seuls trois articles ont été adoptés jusqu'ici sur la trentaine que
compte le texte. Il reste 378 amendements à examiner.
Le Parlement suspendant ses travaux la semaine prochaine à l'occasion
des vacances d'hiver, les députés se prononceront sur l'ensemble du
texte le mardi 21 février, le Sénat devant l'examiner à son tour à
partir du 28 février.
A moins que le gouvernement ne décide, si l'opposition devait
continuer sa "guérilla" parlementaire, de recourir au "49-3", une
procédure qui permet d'abréger les débats et de faire adopter un texte
sans vote.
L'opposition a d'ores et déjà annoncé que, dans ce cas, elle
répliquerait par le dépôt d'une motion de censure.
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