Attaques frontales contre les droits du travail !

Publié le par Solidaires


Le Premier ministre vient d'annoncer une série de mesures qui sont
autant de remises en cause directes des droits des salariés.

La mesure phare en est le Contrat 1ère embauche. Il s'agit d'une simple
extension du Contrat nouvelle embauche à toutes les entreprises pour
les jeunes de moins de 26 ans. Ainsi, les employeurs auront toutes
facilités pour se débarrasser de leurs salariés pendant deux ans. La
réponse du gouvernement à la révolte des banlieues est donc
d'accroître encore plus la précarité des jeunes. Cette mesure
discriminatoire, qui n'aura aucun effet sur l'emploi, est un nouveau
coup porté au Contrat à durée indéterminé (CDI) dont le gouvernement
a annoncé par ailleurs la « réforme globale ».
Mais les jeunes ne sont pas les seules victimes du plan
gouvernemental. Un contrat à durée déterminée (CDD) de 18 mois,
renouvelable une fois, va être mis en ¦uvre pour les plus de 57 ans.
Ce CDD senior vide, de fait, le CDD de son contenu. Plus de précarité
pour les jeunes, et moins de stabilité pour les salariés âgés, telle
est l'orientation du gouvernement. Elle vise à retarder l'âge de
départ à la retraite, notamment en allégeant les conditions du cumul
emploi-retraite, alors même que toutes les études indiquent une
détérioration importante des conditions de travail qui touchent en
particulier les travailleurs âgés.
La réforme des stages en entreprises annoncée est largement en trompe
l'¦il. Une simple charte à caractère non contraignant sera proposée
aux entreprises. Les entreprises seront certes obligées de rémunérer
les stages de plus de trois mois, mais aucun montant minimum de
rémunération n'est fixé.
De nouveaux cadeaux financiers aux entreprises accompagnent ces
mesures : franchise de cotisations sociales à hauteur de 360 euros
pour la rémunération des stagiaires, exonération de cotisations
sociales patronales pendant trois ans pour les jeunes de moins de 26
ans au chômage depuis plus de six mois. L'allègement des cotisations
patronales sur les heures supplémentaires est par ailleurs annoncé.
Les mesures gouvernementales constituent une étape de plus dans la
déréglementation du droit du travail. Son objectif est clair, il
s'agit, petit à petit, d'arriver à détricoter toutes les garanties
que les salariés avaient réussies à faire inscrire dans le code du
travail. Cette politique, au service du patronat, vient d'être
confortée par une décision de la Cour de cassation. En contradiction
avec toute sa jurisprudence antérieure, elle vient d'autoriser les
licenciements pour prévenir des difficultés économiques à venir. Au
lieu d'être le dernier recours pour les entreprises en difficulté,
l'arrêt de la Cour de cassation va permettre des licenciements
préventifs pour les entreprises faisant des profits. Les
licenciements boursiers sont légalisés.
Dans cette situation, il est de la responsabilité des organisations
syndicales de tout faire pour construire une riposte à la hauteur des
enjeux. Face à ces attaques frontales contre les droits des salariés,
une grève interprofessionnelle unitaire doit avoir lieu dans les plus
brefs délais. L'heure n'est pas à tergiverser, elle est à l'action !

Le 17 janvier 2006



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Publié dans Interprofessionnel

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