Liberté de parole et intransigeance attirent les militants vers les syndicats SUD
LE MONDE | 10.12.07 | 13h50
CATHY ROUDAUT, 33 ANS, SUD-SANTÉ
Cathy Roudaut se décrit comme "modérée" mais son regard clair reflète sa
détermination. Infirmière en réanimation à l'hôpital Beaujon, à Clichy,
Cathy n'a pas rejoint SUD-Santé en 1998 pour des raisons politiques et
pour l'image radicale de SUD. "Je n'adhère pas à des idées politiques
précises, à des partis", explique-t-elle. Se disant apolitique, "plutôt
de gauche", elle a voté "modéré" au premier tour, et Ségolène Royal au
second. Alors, pourquoi SUD ? "Mon mari était cheminot et, en 1995, j'ai
suivi toutes leurs grèves. Après son départ de la CFDT, j'ai vécu la
création de SUD-Rail avec lui", se souvient cette Bretonne mère de deux
jeunes enfants.
Déléguée syndicale, élue au conseil d'établissement, Cathy aime surtout
se battre pour les collègues : "J'aime l'indépendance à SUD, et quand on
a des mouvements dans la santé, c'est à nous d'en parler, personne ne le
fait à notre place." Elle a tout donné durant la grève de cinq semaines
à la "réa'", en janvier 2007. "Dans la santé, on ne peut pas être dans
la logique du blocage, donc la moindre des choses, c'est d'aller
discuter.", explique Cathy. Le côté " mouvement social", les nombreuses
campagnes tous azimuts de Solidaires, elle a du mal à suivre. "Diffuser
tous les tracts, ce n'est pas possible, dans le service personne ne les
lit plus", raconte-t-elle.
KAMEL KANA, 39 ANS, SUD-PSA
Avant de s'exposer devant les caméras de télévision, en mars 2007,
exhortant à la grève ses collègues de l'entreprise PSA à Aulnay, Kamel
Kana a commencé par la clandestinité et la précarité. Sans-papiers
durant des années après son arrivée en France, en 1989 - Kamel a quitté
sa Kabylie natale pour rejoindre son père, ouvrier chez Renault - il a
enchaîné les petits boulots jusqu'à son embauche comme intérimaire chez
PSA-Peugeot-Citroën. Il a rejoint, en 2003, les effectifs de
l'entreprise (4 000 plus un millier d'intérimaires). "J'ai été direct à
la CGT, raconte Kamel, il n'y avait pas trop le choix, sinon, c'était la
CSL (Confédération des syndicats libres, ex-CFT), le syndicat de la
direction, des fumiers."
En 2004, "parce que ça ne bougeait pas", Kamel suit son copain délégué
syndical, Mohamed, qui quitte la CGT, avec trois autres délégués. Avec
une cinquantaine d'adhérents, ils créent SUD. Celui qui a vécu enfant le
"printemps berbère" de 1980 et participé aux révoltes d'octobre 1988 en
Algérie apprécie le côté altermondialiste de Solidaires, comme la
solidarité avec les sans-papiers ou avec les luttes des "précaires".
Aujourd'hui, Kamel est le seul élu SUD au comité d'entreprise (collège
ouvriers) aux côtés de quatre élus de la CGT et de quatre de la CSL. Il
a surtout animé une grève de six semaines à la fin de l'hiver 2007, en
pleine campagne électorale. "Tous les candidats de gauche sont venus
nous voir", s'amuse-t-il, "même Ségolène Royal juste à la fin du
conflit". Kamel, sans parti, a voté pour elle au second tour, mais a
glissé un bulletin pour Olivier Besancenot, le candidat de la LCR, au
premier. "Au syndicat, explique-t-il, on est plus Besancenot, lui aussi
il est à SUD, et si l'extrême gauche peut changer les choses, pourquoi
pas ?"
SANDRA DEMARCQ, 35 ANS, SUD-PTT
Avant même de rejoindre la LCR en 1999, Sandra Demarcq a commencé sa vie
militante dès son premier job sérieux, dans un petit centre d'appel à
Boulogne-Billancourt. L'étudiante qui venait de boucler son DES
d'histoire sur "le mouvement des ouvriers coiffeurs à Paris de 1897 à
1917", fille de parents communistes, "des purs et durs", veut alors
créer un syndicat, parce que "les jeunes, nombreux, se plaignaient des
conditions de travail". Après un "casting" syndical, c'est SUD qui
convainc le plus. "Dès qu'on avait un problème ils nous aidaient", se
félicite Sandra. Autre avantage, "à SUD, tout le monde a son mot à dire,
pas seulement les grandes gueules". La jeune femme apprécie aussi les
combats menés à l'extérieur de l'entreprise, "pour les sans-papiers,
contre les discriminations racistes et sexistes".
"Quand je suis devenue permanente à SUD-PTT, il y en a bien quelques-uns
dans le syndicat qui ont protesté en disant que cela payerait une
permanente à la Ligue", se rappelle-t-elle. Mais cela n'a pas duré.
C'est plutôt sa provenance du secteur privé qui a inquiété.
"Contrairement aux autres permanents détachés des entreprises publiques,
il a fallu que je démissionne de mon boulot et que la fédération me
paye. Certains ont craint un risque de dérive bureaucratique avec, en
toile de fond, la progression du privé dans un secteur jusqu'alors
public", raconte Sandra.
ANISSA ALI-ABDALLAH, 27 ANS, SUD-RAIL
Quand Anissa Ali-Abdallah traverse la gare de Lyon, elle s'arrête tous
les dix mètres pour saluer et embrasser des collègues. Chaleureuse, la
cheminote de SUD-Rail, qui a eu les honneurs de Libération durant la
grève de novembre, se défend d'être une star. Ce qui l'a attirée à
SUD-Rail, c'est qu'il n'y a pas de vedette. "Tu peux exprimer tes
positions, il n'y a pas de hiérarchie pour te dire ce que tu dois
faire", avance-t-elle. Enfant d'Evry, d'origine comorienne et père
cheminot syndiqué à SUD-Rail, elle est entrée à la SNCF en 2001 où elle
travaille au guichet "grandes lignes". Anissa a choisi SUD, parce que "
dès qu'il y a un problème, ils sont là, ils réagissent vite, ils
aident." La gare de Lyon c'est le bastion de SUD : près de 150 militants
sur la seule gare où le syndicat arrive en tête devant la CGT.
Anissa aurait voulu que la grève dure "pour obtenir quelque chose" et se
dit prête à repartir "pour aller au bout". Elle est persuadée qu'il est
toujours possible de "revenir à 37,5 annuités de cotisation pour tous".
Pour cela, il faudrait que "la CGT, (Bernard) Thibault et (Didier) Le
Reste ne lâchent pas les cheminots comme ils viennent de le faire, sans
rien avoir obtenu d'autre qu'un calendrier de négociation".
VÉRONIQUE DECKER, 50 ANS, SUD-EDUCATION
Caractère trempé, humour à toute épreuve, Véronique Decker, 26 ans
d'enseignement, est directrice de l'école Marie-Curie à Bobigny. Cet
établissement, au pied des tours, compte plus de 300 élèves sur lesquels
se concentrent les problèmes. "Chez nous, l'hétérogénéité, c'est plutôt
100 % de pauvres", dit-elle, ajoutant qu'il faut "arrêter de se payer
leur tête en s'acharnant à mettre les élèves les plus fragiles avec les
enseignants les plus débutants". C'est là un des grands méfaits qu'elle
attribue à la "cogestion" entre les syndicats majoritaires et
l'administration. C'est aussi un des motifs de son adhésion, il y a six
ans, à SUD-Education, après avoir longtemps milité au SNUipp-FSU. Pour
elle, "le combat syndical, ce doit être d'améliorer les conditions
d'enseignement, pas de cogérer les mutations".
Ce qu'elle apprécie le plus à SUD, "c'est l'indépendance quel que soit
le gouvernement en place, y compris s'il est de gauche". C'est aussi la
combativité d'un "syndicalisme de lutte", intransigeant avec
l'administration et la hiérarchie. Non affiliée politiquement, elle est
engagée aux côtés des sans-papiers - un de ses élèves, malade, a frôlé
l'expulsion avec ses parents - et, depuis longtemps, dans la pédagogie
Freinet.
BENJAMIN LORMET, 25 ANS, SUD-ETUDIANTS
Benjamin Lormet a déjà derrière lui dix ans de militantisme. Et parfois,
il l'avoue c'est " pire que de travailler pour un patron. Pas de RTT, de
vacances et des journées qui commencent à 7 heures et finissent à 2
heures du mat". Encarté à SUD-Etudiant depuis cinq ans, l'étudiant a une
vie universitaire un peu chaotique. En deuxième année d'histoire à
Paris-I, au centre Tolbiac, il s'est consacré à la mobilisation contre
la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. S'il a choisi SUD,
c'est parce qu'il est partisan " d'un syndicalisme de lutte", et pas "
d'un syndicalisme de service comme celui de l'UNEF, qui tient la
coopérative étudiante et vend des barres chocolatées". Il se sent bien
dans le débat permanent qui agite l'organisation, même s'il concède que
ce fonctionnement empêche le syndicat d'être très réactif. Qu'importe,
le rapport égalitaire entre les militants et l'ancrage de l'organisation
sur des mots d'ordre " anticapitalistes et de gauche" motivent son
engagement.
Rémi Barroux, Luc Cédelle et Catherine Rollot
Article paru dans l'édition du 11.12.07
CATHY ROUDAUT, 33 ANS, SUD-SANTÉ
Cathy Roudaut se décrit comme "modérée" mais son regard clair reflète sa
détermination. Infirmière en réanimation à l'hôpital Beaujon, à Clichy,
Cathy n'a pas rejoint SUD-Santé en 1998 pour des raisons politiques et
pour l'image radicale de SUD. "Je n'adhère pas à des idées politiques
précises, à des partis", explique-t-elle. Se disant apolitique, "plutôt
de gauche", elle a voté "modéré" au premier tour, et Ségolène Royal au
second. Alors, pourquoi SUD ? "Mon mari était cheminot et, en 1995, j'ai
suivi toutes leurs grèves. Après son départ de la CFDT, j'ai vécu la
création de SUD-Rail avec lui", se souvient cette Bretonne mère de deux
jeunes enfants.
Déléguée syndicale, élue au conseil d'établissement, Cathy aime surtout
se battre pour les collègues : "J'aime l'indépendance à SUD, et quand on
a des mouvements dans la santé, c'est à nous d'en parler, personne ne le
fait à notre place." Elle a tout donné durant la grève de cinq semaines
à la "réa'", en janvier 2007. "Dans la santé, on ne peut pas être dans
la logique du blocage, donc la moindre des choses, c'est d'aller
discuter.", explique Cathy. Le côté " mouvement social", les nombreuses
campagnes tous azimuts de Solidaires, elle a du mal à suivre. "Diffuser
tous les tracts, ce n'est pas possible, dans le service personne ne les
lit plus", raconte-t-elle.
KAMEL KANA, 39 ANS, SUD-PSA
Avant de s'exposer devant les caméras de télévision, en mars 2007,
exhortant à la grève ses collègues de l'entreprise PSA à Aulnay, Kamel
Kana a commencé par la clandestinité et la précarité. Sans-papiers
durant des années après son arrivée en France, en 1989 - Kamel a quitté
sa Kabylie natale pour rejoindre son père, ouvrier chez Renault - il a
enchaîné les petits boulots jusqu'à son embauche comme intérimaire chez
PSA-Peugeot-Citroën. Il a rejoint, en 2003, les effectifs de
l'entreprise (4 000 plus un millier d'intérimaires). "J'ai été direct à
la CGT, raconte Kamel, il n'y avait pas trop le choix, sinon, c'était la
CSL (Confédération des syndicats libres, ex-CFT), le syndicat de la
direction, des fumiers."
En 2004, "parce que ça ne bougeait pas", Kamel suit son copain délégué
syndical, Mohamed, qui quitte la CGT, avec trois autres délégués. Avec
une cinquantaine d'adhérents, ils créent SUD. Celui qui a vécu enfant le
"printemps berbère" de 1980 et participé aux révoltes d'octobre 1988 en
Algérie apprécie le côté altermondialiste de Solidaires, comme la
solidarité avec les sans-papiers ou avec les luttes des "précaires".
Aujourd'hui, Kamel est le seul élu SUD au comité d'entreprise (collège
ouvriers) aux côtés de quatre élus de la CGT et de quatre de la CSL. Il
a surtout animé une grève de six semaines à la fin de l'hiver 2007, en
pleine campagne électorale. "Tous les candidats de gauche sont venus
nous voir", s'amuse-t-il, "même Ségolène Royal juste à la fin du
conflit". Kamel, sans parti, a voté pour elle au second tour, mais a
glissé un bulletin pour Olivier Besancenot, le candidat de la LCR, au
premier. "Au syndicat, explique-t-il, on est plus Besancenot, lui aussi
il est à SUD, et si l'extrême gauche peut changer les choses, pourquoi
pas ?"
SANDRA DEMARCQ, 35 ANS, SUD-PTT
Avant même de rejoindre la LCR en 1999, Sandra Demarcq a commencé sa vie
militante dès son premier job sérieux, dans un petit centre d'appel à
Boulogne-Billancourt. L'étudiante qui venait de boucler son DES
d'histoire sur "le mouvement des ouvriers coiffeurs à Paris de 1897 à
1917", fille de parents communistes, "des purs et durs", veut alors
créer un syndicat, parce que "les jeunes, nombreux, se plaignaient des
conditions de travail". Après un "casting" syndical, c'est SUD qui
convainc le plus. "Dès qu'on avait un problème ils nous aidaient", se
félicite Sandra. Autre avantage, "à SUD, tout le monde a son mot à dire,
pas seulement les grandes gueules". La jeune femme apprécie aussi les
combats menés à l'extérieur de l'entreprise, "pour les sans-papiers,
contre les discriminations racistes et sexistes".
"Quand je suis devenue permanente à SUD-PTT, il y en a bien quelques-uns
dans le syndicat qui ont protesté en disant que cela payerait une
permanente à la Ligue", se rappelle-t-elle. Mais cela n'a pas duré.
C'est plutôt sa provenance du secteur privé qui a inquiété.
"Contrairement aux autres permanents détachés des entreprises publiques,
il a fallu que je démissionne de mon boulot et que la fédération me
paye. Certains ont craint un risque de dérive bureaucratique avec, en
toile de fond, la progression du privé dans un secteur jusqu'alors
public", raconte Sandra.
ANISSA ALI-ABDALLAH, 27 ANS, SUD-RAIL
Quand Anissa Ali-Abdallah traverse la gare de Lyon, elle s'arrête tous
les dix mètres pour saluer et embrasser des collègues. Chaleureuse, la
cheminote de SUD-Rail, qui a eu les honneurs de Libération durant la
grève de novembre, se défend d'être une star. Ce qui l'a attirée à
SUD-Rail, c'est qu'il n'y a pas de vedette. "Tu peux exprimer tes
positions, il n'y a pas de hiérarchie pour te dire ce que tu dois
faire", avance-t-elle. Enfant d'Evry, d'origine comorienne et père
cheminot syndiqué à SUD-Rail, elle est entrée à la SNCF en 2001 où elle
travaille au guichet "grandes lignes". Anissa a choisi SUD, parce que "
dès qu'il y a un problème, ils sont là, ils réagissent vite, ils
aident." La gare de Lyon c'est le bastion de SUD : près de 150 militants
sur la seule gare où le syndicat arrive en tête devant la CGT.
Anissa aurait voulu que la grève dure "pour obtenir quelque chose" et se
dit prête à repartir "pour aller au bout". Elle est persuadée qu'il est
toujours possible de "revenir à 37,5 annuités de cotisation pour tous".
Pour cela, il faudrait que "la CGT, (Bernard) Thibault et (Didier) Le
Reste ne lâchent pas les cheminots comme ils viennent de le faire, sans
rien avoir obtenu d'autre qu'un calendrier de négociation".
VÉRONIQUE DECKER, 50 ANS, SUD-EDUCATION
Caractère trempé, humour à toute épreuve, Véronique Decker, 26 ans
d'enseignement, est directrice de l'école Marie-Curie à Bobigny. Cet
établissement, au pied des tours, compte plus de 300 élèves sur lesquels
se concentrent les problèmes. "Chez nous, l'hétérogénéité, c'est plutôt
100 % de pauvres", dit-elle, ajoutant qu'il faut "arrêter de se payer
leur tête en s'acharnant à mettre les élèves les plus fragiles avec les
enseignants les plus débutants". C'est là un des grands méfaits qu'elle
attribue à la "cogestion" entre les syndicats majoritaires et
l'administration. C'est aussi un des motifs de son adhésion, il y a six
ans, à SUD-Education, après avoir longtemps milité au SNUipp-FSU. Pour
elle, "le combat syndical, ce doit être d'améliorer les conditions
d'enseignement, pas de cogérer les mutations".
Ce qu'elle apprécie le plus à SUD, "c'est l'indépendance quel que soit
le gouvernement en place, y compris s'il est de gauche". C'est aussi la
combativité d'un "syndicalisme de lutte", intransigeant avec
l'administration et la hiérarchie. Non affiliée politiquement, elle est
engagée aux côtés des sans-papiers - un de ses élèves, malade, a frôlé
l'expulsion avec ses parents - et, depuis longtemps, dans la pédagogie
Freinet.
BENJAMIN LORMET, 25 ANS, SUD-ETUDIANTS
Benjamin Lormet a déjà derrière lui dix ans de militantisme. Et parfois,
il l'avoue c'est " pire que de travailler pour un patron. Pas de RTT, de
vacances et des journées qui commencent à 7 heures et finissent à 2
heures du mat". Encarté à SUD-Etudiant depuis cinq ans, l'étudiant a une
vie universitaire un peu chaotique. En deuxième année d'histoire à
Paris-I, au centre Tolbiac, il s'est consacré à la mobilisation contre
la loi Pécresse sur l'autonomie des universités. S'il a choisi SUD,
c'est parce qu'il est partisan " d'un syndicalisme de lutte", et pas "
d'un syndicalisme de service comme celui de l'UNEF, qui tient la
coopérative étudiante et vend des barres chocolatées". Il se sent bien
dans le débat permanent qui agite l'organisation, même s'il concède que
ce fonctionnement empêche le syndicat d'être très réactif. Qu'importe,
le rapport égalitaire entre les militants et l'ancrage de l'organisation
sur des mots d'ordre " anticapitalistes et de gauche" motivent son
engagement.
Rémi Barroux, Luc Cédelle et Catherine Rollot
Article paru dans l'édition du 11.12.07
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