L’UNEF se joint au mouvement de protestation des étudiants

Publié le par SUD étudiant

de Catherine Rollot (le monde.fr)

Lieu symbolique des luttes étudiantes, le site de la Sorbonne, dans le 5e arrondissement de Paris (Universités de Paris-I et Paris-IV), a été occupé, mardi 6novembre au soir, par une centaine d’étudiants demandant l’abrogation de la loi du 11 août 2007 sur l’autonomie des universités. Vers 23 heures, les manifestants ont été évacués dans le calme.

Cet épisode clôt une journée marquée par la montée de la grogne étudiante, jusque-là larvée. Selon le syndicat d’étudiants UNEF, cinq campus (Rouen, Tours, Toulouse-II le Mirail, Lille-III et Rennes-II) étaient bloqués mercredi matin. Toujours de source syndicale, des assemblées générales (AG) ont eu lieu dans 45 universités sur 84. De nombreuses AG sont prévues dans les prochains jours.

"Très attentive" à la contestation étudiante, mais estimant que "ce mécontentement ne paraît pas justifié", la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, devrait recevoir les organisations syndicales mercredi après-midi et jeudi. Selon l’entourage de la ministre, l’ordre du jour de ces rendez-vous portera sur le chantier de la réussite en licence. "Il ne s’agit d’aucune manière de parler d’abrogation de loisur l’autonomie", prévient un conseiller.

"OBJECTIF PAS ATTEIGNABLE"

L’UNEF est entrée dans le mouvement mardi en appelant les étudiants à "participer aux assemblées générales", à "s’informer sur la loi sur l’autonomie des universités", et à "décider de leurs modalités d’actions". Le syndicat étudiant voit dans cette invitation une tentative de désamorcer le mouvement. "Si la ministre nous reçoit pour montrer qu’elle continue à discuter avec nous comme s’il n’y avait pas de contestation, et sans proposer un réel effort budgétaire en faveur des étudiants, nous durcirons nos positions", prévient Bruno Julliard, son président.

Jusqu’à présent, l’UNEF s’était démarquée des positions du "collectif contre l’autonomie des universités" (CCAU), composé d’organisations d’extrême gauche, qui a lancé la contestation il y a quinze jours sur le mot d’ordre de l’abrogation de la loi. "On ne veut pas faire une mobilisation exclusivement sur ce motif, car c’est un objectif qui ne nous semble pas atteignable", argumente Bruno Julliard. "Mais même si nous pouvons avoir des divergences avec les assemblées générales sur cette question de l’abrogation, nous n’en faisons pas un point de rupture", poursuit-il.

Outre des modifications importantes de la loi sur l’autonomie des universités, le syndicat a demandé mardi "des moyens supplémentaires et des modifications du budget 2008 pour l’enseignement supérieur afin de répondre à l’urgence sociale des étudiants et d’améliorer la réussite en licence".

L’UNEF, principal partenaire du gouvernement lors des discussions de la loi sur l’autonomie, se trouve dans une position un peu délicate. Désireuse de ne pas perdre la main sur le mouvement, elle ne devrait pas pour autant se joindre aux manifestations organisées jeudi 8 novembre par le collectif CCAU.

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