Régimes spéciaux : l'arbre qui cache la forêt des 41 ans de cotisations pour TOUS !
2008 : des renégociations prévues par la loi
François Fillon s'exprimait à l'occasion du 60ème anniversaire de l'Agirc, le régime de retraite complémentaire des cadres du privé. En 2003, alors ministre du travail, François Fillon avait fait voter une réforme des retraites qui alignait la durée de cotisation des salariés du public à ceux du privé. Cette loi prévoit des renégociations sur la réforme des retraites en 2008. Cette deuxième phase va donc débuter au premier semestre de l'année prochaine.
Augmentation de la durée de cotisation
Actuellement, la durée de cotisation est de 40 ans pour le régime général. Elle passera à 41 ans pour tous. En 2003, le gouvernement avait maintenu l'exception pour les métiers à carrière longue. Ainsi, un salarié qui avait travaillé dès l'âge de 16 ans pouvait partir à la retraite à 56 ans. Le Premier ministre veut revenir en partie sur cet acquis afin que tous les salariés partent à la retraite à 60 ans. Il explique ce revirement par le fait que le déficit de 2007 est lié pour moitié par le départ avant 60 ans de ces salariés longue durée. Cette mesure qui permet aux personnes ayant commencé à travailler à 14, 15 ou 16 ans de partir à la retraite avant l'âge légal de 60 ans a bénéficié à 400.000 personnes depuis 2003. Le chiffre serait trop élevé pour l'équilibre des comptes.
Recherche de nouvelles recettes
Le problème des retraites est lié à un déséquilibre démographique : le nombre d'actifs devient insuffisant pour financer les pensions des retraités. Il faut donc trouver des recettes nouvelles. Outre l'augmentation de la durée de cotisation, le Premier ministre a rappelé que le gouvernement étudiait la possibilité de créer de nouvelles formes de recettes. Ainsi, la TVA sociale pourrait être expérimentée et servirait à compléter le financement du régime général.
Objectif : 2012
François Fillon a fixé un objectif ambitieux : atteindre l'équilibre en 2012. Le pari sera difficile puisque le déficit devrait être de 8 à 10 milliards d'euros l'an prochain. Un chiffre symbolique qui crispe les syndicats car le coût du paquet fiscal voté en juillet est de 15 milliards d'euros par an et concerne les contribuables les plus riches. En ne faisant pas ces allégements d'impôts, l'Etat avait donc les moyens financiers de combler le déficit du régime général.