Les assassinats de syndicalistes en hausse de 25%, selon la Confédération internationale (Le Monde.fr)

Publié le par Le MONDE.FR

La Confédération syndicale internationale (CSI) dresse un sombre bilan de la situation syndicale dans le monde, dans un rapport rendu public mardi 18 septembre. "Ce qu'il y a de plus choquant, c'est l'augmentation d'environ 25 % du nombre de personnes assassinées", passé de 115 à 144 entre 2005 et 2006, a déclaré le Britannique Guy Ryder, secrétaire général de la CSI, dans un communiqué.
 
La situation est particulièrement inquiétante en Asie et en Afrique, note la Confédération, même si, comme les années précédentes, la Colombie reste "l'endroit le plus dangereux du monde pour l'exercice de l'activité syndicale". L'étude égrène les noms des 78 syndicalistes tués dans le pays, tels José Gregorio Izquierdo, travailleur des services publics tué après avoir "reçu des menaces de groupes paramilitaires", et Daniel Cortez Cortez, électricien assassiné par balles pendant son service.

Au-delà des meurtres, la Confédération, forte de 168 millions de membres dans 153 pays, recense toutes les formes de "violences" et les "arrestations et licenciements" frappant les syndicalistes sur les cinq continents. Elle a compté en 2006 plus de 800 cas de "blessures ou tortures" sur des syndicalistes, près de 5 000 arrestations et 500 emprisonnements. L'organisation pointe aussi un certain nombre de pays où les syndicats sont interdits, comme aux Emirats arabes unis, et en Arabie saoudite.

Les pays industrialisés sont loin d'être exempts de critique : la CSI relève qu'aux Etats-Unis "des millions de travailleurs ont été privés de leurs droits d'organisation et de négociation collective". De la même manière, en Australie, la promulgation d'une nouvelle loi sur les relations professionnelles "a dépouillé les travailleurs de toute une série de droits et de prestations et imposé de lourdes restrictions à l'activité syndicale", indique-t-elle.

LES FEMMES PLUS EXPOSÉES

En Europe, le syndicat cite une étude de la société d'audit social Vigeo qui évalue à moins de 10 % les entreprises européennes respectant complètement la liberté syndicale et valorisant la négociation collective. Des chiffres "corroborés" par les observations de la CSI dans les pays européens.

Par ailleurs, les femmes sont particulièrement exposées à la répression antisyndicale. "Dès lors qu'elles constituent la majorité de la main-d'œuvre exploitée dans les zones franches d'exportation d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, de nombreux employeurs ont procédé à des licenciements arbitraires et ont refusé de reconnaître leurs droits les plus fondamentaux. Au Maroc, des travailleuses du textile ont été traduites en justice pour avoir organisé une grève", explique les auteurs du rapport.

Malgré un bilan pessimiste, la CSI relève toutefois quelques signes encourageants au fil de cette étude de 379 pages :" Dans bon nombre des cas figurant dans notre Rapport annuel, la pression syndicale mondiale exercée sur les gouvernements et les entreprises a produit des résultats."

Le Monde.fr, avec AFP
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